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19 mai 2017

Les Hautes-Laurentides entrent «en guerre»

Pour sauvegarder la pisciculture de Lac-des-Écorces

Le maire Pierre Flamand le répète: la décision gouvernementale de transférer les activités piscicoles de Lac-des-Écorces à Baldwin-Coaticook en Estrie est «politique». Le maire prévient que «Là, on part en guerre» et donne rendez-vous à la population le 29 mai prochain pour une grande manifestation.

Simon Dominé , Rédacteur en chef

Depuis le 18 mai, des pancartes préviennent les automobilistes que la station piscicole de Lac-des-Écorces, où travaillent sept employés, est menacée de fermeture suite à la décision controversée de transférer les opérations à Baldwin-Coaticook en Estrie (photo: Simon Dominé – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Depuis le 18 mai, des pancartes préviennent les automobilistes que la station piscicole de Lac-des-Écorces, où travaillent sept employés, est menacée de fermeture suite à la décision controversée de transférer les opérations à Baldwin-Coaticook en Estrie (photo: Simon Dominé – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Depuis le 18 mai au soir, deux pancartes installées à Lac-des-Écorces préviennent les automobilistes qui circulent sur la route 117 que la station piscicole locale est menacée de fermeture. Les élus de la MRC d’Antoine-Labelle encouragent la population à se rendre sur le site Internet de l’Assemblée nationale du Québec pour y signer une pétition en faveur du maintien des opérations à la station piscicole.

Un comité sur lequel siège notamment M. Flamand et le député de Labelle, Sylvain Pagé, avait donné jusqu’au 15 mai au ministre des Forêts de la Faune et des Parcs (MFFP), Luc Blanchette, pour apporter des précisions sur la décision du gouvernement de mettre la clé sous la porte à la pisciculture de Lac-des-Écorces. En vain. «On va commencer à faire du train, a tempêté M. Flamand après avoir téléphoné au cabinet du ministre, où, selon ses dires, on lui a chanté «une belle chanson». Ça va être tout autre chose. Là, on part en guerre.» Même déclaration du côté de Michel Girard, président régional pour le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec: «On a eu un retour non concluant. Là, on change de vitesse.»

Le comité pour la sauvegarde de la pisciculture appelle la population à se réunir entre 11h et 12h30 le 29 mai prochain à proximité de l’église de Lac-des-Écorces. Le trafic routier sera ralenti et des tracts seront distribués aux automobilistes. Le but est de «faire du bruit» afin de pouvoir «amener ça à l’Assemblée nationale».

Un album photo pour Luc Blanchette

Le maire Flamand avait invité le ministre Blanchette à visiter avec lui la station piscicole, alors qu’il était en déplacement à Mont-Laurier le 7 avril pour donner une conférence sur l’industrie forestière. Devant le refus du ministre, le maire de Lac-des-Écorces lui a fait faire une visite virtuelle en lui remettant un dossier de photographies. «Moi, je voulais lui démontrer que la pisciculture est en bonne état, avait indiqué M. Flamand au Courant le 17 avril. On lui a vendu l’idée qu’elle était après tomber à terre.»

Dans ce dossier où chacun reste campé sur ses positions, chacun brandit ses experts et ses rapports pour justifier sa position. Selon M. Flamand, le ministre n’a pas voulu que les deux parties s’en remettent à l’analyse d’une firme indépendante pour trancher. Le ministre avait d’ailleurs prévenu le 7 avril dernier qu’il ne reviendrait pas sur sa décision.

Un transfert controversé

Après avoir investi 2 millions de dollars dans la pisciculture en 2008-2009, le MFFP était prêt en 2011 à céder les installations à la Municipalité pour 1$ symbolique. «Ils voulaient s’en débarrasser, un point c’est tout», croit M. Flamand. D’après lui, le gouvernement aurait effectué les mises à niveau nécessaires pour livrer à la Municipalité une station «clé en main».

On parle de 2,5 millions de dollars pour le traitement des eaux, de 1,3 millions de dollars pour le remplacement de la conduite d’eau profonde, de 250 000 à 500 000$ pour la réhabilitation des conduites d’évacuation des eaux usées et de 500 000$ en réparations diverses. «C’était pas rentable, parce que nous autres, la Municipalité, on n’a pas de retombées économiques», a expliqué M. Flamand pour justifier le refus qu’il avait alors adressé au gouvernement.

Le 28 mars dernier, à l’occasion du dépôt du budget, Québec a pris la décision de transférer les activités piscicoles de Lac-des-Écorces dans l’une des deux autres stations sous sa gouverne, celle de Baldwin Coaticook. Des investissements de 10 millions de dollars y sont prévus.

Dépenser plus pour récolter moins

L’annonce a fait bondir M. Flamand et les responsables politiques des Hautes-Laurentides. En réaction, le Centre local de développement (CLD) d’Antoine-Labelle a confié à la firme A.J. Environnement inc. le mandat de présenter un argumentaire sur la nécessité de conserver la pisciculture de Lac-des-Écorces. Daté du 3 avril 2017, le document rappelle que même avec les investissements annoncés, la station de Baldwin ne pourra pas atteindre une capacité de production de plus de 15 tonnes par an. La firme souligne aussi que le gouvernement a déjà investi 17 millions de dollars dans cette pisciculture pour des rénovations majeures.

Sans avoir bénéficié d’autant d’argent en plus de 45 ans d’existence, la pisciculture de Lac-des-Écorces produit à elle seule 20 tonnes de poissons par an, soit 75% de la production des trois piscicultures gouvernementales. Elle pourrait porter ce chiffre à 40 tonnes, voire plus, si les réparations et mises à niveau nécessaires étaient complétées.

A.J. Environnement inc. estime que le déménagement des activités piscicoles de Lac-des-Écorces en Estrie se traduira par une baisse de tonnage de poissons produits au Québec.C

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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