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3 avril 2017

Théâtre au Cégep de Mont-Laurier

L’éclat sur le mur: une pièce à découvrir

La troupe de théâtre du Cégep de Mont-Laurier, Les Fous-Thèses, nous épate avec une création originale 100% faite maison. À travers Rémi, personnage principal de «L’éclat sur le mur», la pièce aborde avec réalisme des thèmes durs tels que la toxicomanie, le suicide, l’homosexualité, l’homophobie et les désordres en santé mentale.

Murielle Yockell , Journaliste-pigiste

Dans la pièce «L’éclat sur le mur», des personnages sombres vêtus d’une longue cape noire à capuchon, que seul Rémi pouvait entendre, ajoutaient un effet très puissant à la mise en scène de Kathleen Godmer.
Dans la pièce «L’éclat sur le mur», des personnages sombres vêtus d’une longue cape noire à capuchon, que seul Rémi pouvait entendre, ajoutaient un effet très puissant à la mise en scène de Kathleen Godmer.

À partir d’un canevas proposé par leur metteure en scène, Kathleen Godmer, les six comédiens ont collaboré au texte en proposant une partie du script. Mme Godmer a brillamment amalgamé le tout pour en faire une pièce d’une durée de 45 minutes. Le résultat donne une pièce pas trop lourde puisqu’elle contient quelques touches d’humour. «Ç’a été un peu difficile! On a beau dire que les jeunes ne s’impliquent pas; eux autres étaient trop impliqués dans plein de choses», soulignait Mme Godmer qui se disait très surprise par ce beau résultat.

L’éclat sur le mur

Adossé à un mur, Rémi s’apprête à mettre fin à ses jours. Les spectateurs revivent alors avec lui les moments les plus marquants de sa vie. Dans un décor minimaliste, les thèmes sont abordés avec réalisme et l’histoire tient la route du début à la fin. Des personnages sombres qui gravitent autour du personnage principal ajoutent de la puissance à la mise en scène. Ceux-ci pouvaient aussi bien représenter les idées noires de Rémi que ses fantômes du passé ou encore des voix que lui seul pouvait entendre. Pour finir, le choix des pièces musicales complémentait à merveille la pièce. Est-ce que Rémi s’en sort? C’est ce que l’on découvre à la fin de la pièce.

Les comédiens se confient

Pour la plupart des comédiens, bien que leur rôle les faisait sortir de leur zone de confort, tous ont fini par s’attacher à leur personnage. Invités à décrire leur expérience, voici ce qu’ils avaient à dire: «Ça vraiment été un défi pour moi; j’ai réussi à l’apprivoiser (son rôle)», confiait Janie Brault-Dumais, qui jouait une mère sévère et très pieuse qui veut le bien de son enfant et de sa réputation. Pour sa part, Jean-Michel Caron a endossé deux rôles: le directeur qui congédie Rémi (qui enseigne à son école) et Steve, l’ami d’enfance défoncé à la drogue qui a entraîné Rémi dans cet enfer: «Steve a eu la chance de se redresser. À la fin, il offre cette chance à Rémi». Alison St-Cyr Nadeau campait le rôle de Maddie, une ancienne junkie à l’enfance et l’adolescence difficile. Petite amie de Rémi, elle casse en raison de l’indifférence de ce dernier à son égard. Après plus d’une année, elle tombe amoureuse de son seul confident, le coloc de Rémi. Elle découvre amèrement que ce dernier est en réalité le conjoint de son ex; ce qui la pousse au suicide. «J’ai adoré jouer ce rôle, a mentionné Alison. Je trouvais ça beau de voir qu’elle a réussi à lâcher la drogue. Elle était rendue “clean”, a réussi à refaire sa vie en trouvant un travail. Puis il est arrivé un événement qui est venu chambouler tout cet équilibre-là». Daphnée Gagnon jouait la psychologue de Rémi. «C’était vraiment un rôle à l’opposé de moi», a-t-elle spécifié. Secrètement amoureuse de Rémi depuis le secondaire; la psy qui traite Rémi à son cabinet, succombe de nouveau en le revoyant. Cet amour secret aura eu une influence néfaste sur ses relations amoureuses. Très à l’aise dans son rôle, Joachim Lefebvre a bien aimé exprimer le côté joyeux et gai de son personnage. Contrairement à Rémi, Fred assume son homosexualité. «On n’a pas voulu caricaturer le personnage, a expliqué ce dernier. On a seulement ajouté des petites courbes (dandinements des hanches) et des petits gestes (plus efféminés)». Finalement, Maxime Ouellette Legault assumait très bien le rôle principal: «Rémi est un personnage obscur qui a de la misère à s’accepter et à accepter son homosexualité. C’est un solitaire introverti qui remet toujours tout à plus tard. Tout ce qu’il veut, c’est avoir du plaisir». C

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Murielle Yockell , Journaliste-pigiste

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