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13 mars 2017

Gabriel Nadeau-Dubois et le Parti québécois

Frédéric Bérard

chronique juridique

Fidèle à ses habitudes, Gabriel Nadeau-Dubois a fait une entrée des plus fracassantes. Le message était clair, direct, et sans fioritures. Entre autres choses, l’ancien leader étudiant accusait, et il s’agit d’un euphémisme, la «classe politique des trente dernières années d’avoir trahi le Québec». Rien de moins. Bien sûr, plusieurs ex-politiciens n’allaient tarder à réagir, se disant «scandalisés» par les propos du successeur potentiel de Françoise David.

Autre message, plus subtil mais autant coup de poing, lancé lors de cette même conférence de presse, que l’on paraphrase ici : «j’entre en politique parce que je suis de gauche et indépendantiste […] il est terminé le temps de faire de la division sur le dos des minorités religieuses au Québec […] Jean-François Lisée change d’idée aux cinq minutes […] c’est bien de la faire de la stratégie, mais à un moment donné, ça prend des principes, et Lisée n’en n’a pas […] la seule alliance possible de Québec solidaire serait avec Option nationale.»

Ouch. Quiconque sait minimalement lire entre les lignes aura compris l’essence principal du propos: Québec solidaire et le Parti québécois (PQ), ce n’est pas pour demain. En fait, lors d’un lunch de novembre dernier, Gabriel Nadeau-Dubois m’avait confié tout son dédain pour le nouveau chef du PQ. Un être diviseur et sans principe autre que celui de trouver une stratégie afin de grapiller quelques votes supplémentaires. Il en avait particulièrement, et à juste titre, contre l’ex-projet de Charte des valeurs lequel, pensait-il, avait inutilement, voire sans raison, abîmé le tissu social québécois. Lisée, comme la plupart des apparatchiks péquistes encore en place aujourd’hui, en étaient directement responsables.

D’ailleurs, en invoquant haut et fort la quête d’indépendance comme justification de son engagement politique, nul doute, ici encore, que Nadeau-Dubois lorgne le terrain d’ordinaire acquis au PQ. Il s’agit ainsi, à notre sens, d’une bien mauvaise nouvelle pour ce dernier. Voici pourquoi.

Parce que depuis l’avènement de la Charte, trois groupes traditionnellement acquis au PQ ont, de façon générale, quitté celui-ci. Je parle ici des jeunes, des intellectuels (au sens large), et de la communauté arabe et musulmane du Québec. Depuis notamment le rapport de Paul St-Pierre-Plamondon et les attentats de Québec, où certains ont visiblement senti une honte certaine, le PQ tente, plus ou moins habilement, d’aller retrouver les appuis alors perdus au sein de ces trois groupes. Nul doute que l’arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois leur rendra, du moins à cet égard, la tâche ardue.

En effet, le prochain (sauf erreur) député de Gouin possède un discours, enrichi notamment par des études supérieures, aux allures intellos-révolutionnaires. Il sait, en fait, s’adresser à l’intelligence des gens.

Ensuite, son annonce de jeudi était sans équivoque: fini, le temps où nous cassions du sucre sur le dos des minorités pour des fins bassement électoralistes. Message assez clair, on l’a compris, aux membres de la communauté arabo-musulmane: vous êtes les bienvenus, à QS.

Enfin, les jeunes. Qui de plus rassembleur, pour ceux-ci, que Nadeau-Dubois? Qui de mieux que lui pour mobiliser ces derniers, les amener à militer, les faire voter? Personne. Une bien mauvaise nouvelle, donc, pour le PQ.


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