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17 février 2017

La MRC d’Antoine-Labelle présente son projet d’Internet haute vitesse

«Devenir de lacs et de bande passante»

La MRC d’Antoine-Labelle a dévoilé les 14 et 15 février derniers son plan pour brancher les Hautes-Laurentides à Internet haute vitesse: elle compte demander l’aide financière d’Ottawa et de Québec pour lancer un projet de 40 millions de dollars, qui permettra d’ici quatre ans à la majeure partie de ses résidants d’avoir accès à Internet haute vitesse.

Auteur Simon Dominé , Rédacteur en chef

«L’avantage du projet qu’on présente aujourd’hui, c’est que c’est un projet de communauté, c’est un projet sur le long terme», a plaidé le directeur général adjoint de la MRC d’Antoine-Labelle, Kaven Davignon, devant les gens venus participer aux soirées de consultation sur le projet de déploiement d’Internet haute vitesse.
«L’avantage du projet qu’on présente aujourd’hui, c’est que c’est un projet de communauté, c’est un projet sur le long terme», a plaidé le directeur général adjoint de la MRC d’Antoine-Labelle, Kaven Davignon, devant les gens venus participer aux soirées de consultation sur le projet de déploiement d’Internet haute vitesse.

Lors des consultations publiques tenues à Rivière-Rouge et à Mont-Laurier les 14 et 15 février, Kaven Davignon, directeur général adjoint de la MRC d’Antoine-Labelle l’a martelé: «L’accès à Internet dans notre région, c’est essentiel pour le développement, pour le maintien des populations dans les villages. Dans quelques années, j’espère qu’on va pouvoir devenir de lacs et de bande passante (en référence à la devise de la MRC, “Je suis de lacs et de rivières”).» Selon lui, la desserte Internet, loin de s’améliorer, a régressé dans les dernières années. « En 2013, il y avait plus de gens qui avaient un accès à Internet haute vitesse qu’il n’y en a aujourd’hui, a-t-il mentionné. Ce qu’on remarque, c’est que les télécommunicateurs privés et les télécommunicateurs sur le territoire n’ont pas été en mesure de satisfaire les besoins, n’ont pas été en mesure d’améliorer leur service Internet.»

Les deux impératifs à respecter

Maintenant que la MRC est assurée que 95% de la population est d’accord avec le fait qu’elle prenne elle-même en main le déploiement d’Internet haute vitesse sur son territoire et que 77% des gens se disent prêts à s’abonner à un réseau sous sa gouvernance, elle entend aller de l’avant en respectant deux impératifs essentiels. D’abord, prendre en compte la capacité de payer de ses citoyens (la MRC d’Antoine-Labelle figure dans le top dix des MRC les plus pauvres du Québec). Ensuite, se doter d’une infrastructure durable, c’est-à-dire qui puisse s’améliorer au fil du temps.

Un réseau filaire de 2 100 km

L’objectif poursuivi par la MRC est d’offrir un service d’Internet haute vitesse à 90% des immeubles qui ne sont actuellement pas desservis par un service de 30 Mb/s sur son territoire. À plus long terme, elle compte même offrir 50 Mb/s, soit ce que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) considère depuis décembre 2016 comme un service essentiel pour tout Canadien. Pour y parvenir, la MRC opte pour un réseau filaire de 2 100 km de long capable de fournir un service Internet haute vitesse, mais aussi de la télévision et de la téléphonie. Cela coûterait 40 millions de dollars. L’administration et la gestion du réseau seraient confiées à une coopérative de solidarité, créant ainsi entre 12 et 15 emplois locaux avec une masse salariale d’1 million de dollars.

Québec et Ottawa mis à contribution

Pour financer ce colossal effort de mise à niveau numérique, les maires de la MRC d’Antoine-Labelle vont pouvoir compter sur deux programmes d’aide gouvernementaux. Dans les hypothèses actuellement retenues, on demanderait à Québec et Ottawa d’assumer 25% de la facture totale. «[…] si on était plus gourmand, si on allait demander 60, 70% du projet, on pense que les gouvernements recevraient assez mal notre projet compte tenu qu’on viendrait amputer une grosse partie de l’enveloppe qui est disponible actuellement», a prévenu M. Davignon. Ce qui n’empêchera pas la MRC d’entamer les négociations en demandant un peu plus pour avoir une marge de manœuvre… Mais le directeur général adjoint de la MRC a été on ne peut plus clair: si les municipalités ne s’impliquent pas financièrement dans le projet, les chances de succès sont minces. «Si on est en mesure de démontrer une adhésion de la population, un investissement dans les municipalités, c’est un projet qui se classera mieux que d’autres», a-t-il fait remarquer.

Services et coûts

Enfin, le réseau serait financé par les utilisateurs eux-mêmes (on parle de plus ou moins 15 000 portes branchées au réseau). Comment? En payant un forfait au mois et en facturant 100$/an sur le compte de taxes pour les propriétaires d’immeubles qui auraient accès au réseau. «Ce qui est proposé dans le plan financier, c’est que lorsque la fibre va passer devant un immeuble qui pourra se connecter, les gens paieraient de base 100$ sur leur compte de taxe/année, a indiqué M. Davignon. C’est un investissement sur 20 ans, donc c’est l’équivalent d’une taxe de secteur, l’équivalent d’une taxe pour les égouts.» Les abonnés au réseau auraient le choix entre deux forfaits Internet (un forfait Internet de base à 38$/mois et un autre, plus performant, à 55$/mois). En bout de ligne, en incluant le 100$/an sur le compte de taxe, les gens paieraient entre 556$ et 760$. Actuellement, les adonnés à Internet dans la région paient en moyenne 64$/mois (un taux qui va en augmentant dès que l’on s’éloigne de Mont-Laurier). Des forfaits trio (Internet haute vitesse + la télévision + la téléphonie) seraient disponibles, pour un coût compris entre 103$ et 130$/mois.C

«On ne peut pas rater l’occasion d’avoir des retombées aussi significatives pour la population.» – Kaven Davignon, directeur général adjoint de la MRC d’Antoine-Labelle.

«La population tire la même conclusion que nous : les télécommunicateurs nous ont laissé tomber au fil des ans.» - Kaven Davignon, directeur général adjoint de la MRC d’Antoine-Labelle.

«Si Hydro-Québec passe chez vous, la fibre optique va passer chez vous. Donc c’est pas seulement dans les villages, c’est dans les rangs, c’est dans les campagnes, c’est autour des lacs. Dès qu’il y a Hydro-Québec qui passe chez vous, on attache la fibre optique et on vous donne le service.» – Kaven Davignon, directeur général adjoint de la MRC d’Antoine-Labelle.

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Auteur Simon Dominé , Rédacteur en chef

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