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25 juillet 2018

Politique

Les Libéraux dressent leur bilan 2014-2018 dans les Hautes-Laurentides

Simon Dominé , Rédacteur en chef

La première partie du mandat de Philippe Couillard a été marquée par une période de coupures budgétaires à tous les niveaux qui a été vivement dénoncée dans les Hautes-Laurentides. Sur la photo: des participants à la manifestation contre l’austérité à Mont-Laurier, le 11 décembre 2014 (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).
La première partie du mandat de Philippe Couillard a été marquée par une période de coupures budgétaires à tous les niveaux qui a été vivement dénoncée dans les Hautes-Laurentides. Sur la photo: des participants à la manifestation contre l’austérité à Mont-Laurier, le 11 décembre 2014 (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Alors que les élections se rapprochent et que sa formation politique tire de l’arrière dans les sondages face à la Coalition Avenir Québec (CAQ), la ministre libérale responsable des Laurentides, Christine St-Pierre, dresse un bilan positif de l’action de son gouvernement dans la région.

La ministre St-Pierre en est convaincue: c’est grâce à l’action du gouvernement libéral de Philippe Couillard si l’économie québécoise tourne actuellement «à plein régime». Pour deux raisons essentiellement: d’abord parce que «dès 2014, le ménage a été fait dans les finances publiques»; ensuite, parce que «plusieurs actions ont été posées pour soutenir les entreprises» (allègement du fardeau fiscal, modernisation, passage au numérique, mise en place de stratégies et de politiques économiques).

La ministre ne mentionne toutefois pas que d’autres facteurs, comme les transferts fédéraux (en augmentation) ou les taux d’intérêts (à la baisse), peuvent aussi y être pour quelque chose.

Fin juin, Mme St-Pierre a passé en revue le mandat 2014-2018 dans un communiqué de presse de 15 pages, dans lequel elle évoque, entre autres, 82 annonces économiques survenues dans les derniers mois pour l’ensemble des Laurentides.

«Mise en scène»

Que pense plus spécifiquement le député péquiste de Labelle, Sylvain Pagé, du bilan des libéraux dans la MRC d’Antoine-Labelle, acquise depuis 1989 à la cause souverainiste?

«Derrière ces quelques mots se cache la stratégie de ce gouvernement qui aura procédé à des coupures douloureuses et abusives au cours des trois premières années de son mandat afin de se dégager des marges de manœuvre en prévision des élections, analyse M. Pagé. Je trouve cela franchement indécent! Un exemple parmi tant d’autres, comment peut-on se targuer sans gêne de l’annonce d’une aide financière de 2,6 M$ au développement régional après en avoir coupé plus de 7 M$? Bien sûr, au final, je vais me réjouir des investissements pour le comté Labelle, mais force est de constater que tout cela arrive à quelques mois du prochain scrutin. Peut-être devrions-nous aller voter tous les ans, cela éviterait de pareilles mises en scène.»

Économie

La ministre St-Pierre estime quant à elle avoir répondu présente. Sur le plan économique, elle cite en exemple l’octroi de 13 M$ par son gouvernement au projet «Brancher Antoine-Labelle» (novembre 2017) et les 566 958$ en financement accordés à divers projets (mars 2018) dans le cadre du Fond d’appui au rayonnement des régions (FARR). Mis à part un accompagnement personnalisé pour l’entreprise lauriermontoise Groupe KTG et le renouvellement d’ententes, il n’y a cependant pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent dans le bilan de Mme St-Pierre.

En revanche, elle occulte complètement le fait que son gouvernement a amputé de 432 000$ (novembre 2014) son financement au Centre local de développement (CLD) d’Antoine-Labelle. Plusieurs employés, dont le directeur-général d’alors, ont perdu leur emploi et ce sont les municipalités locales qui ont comblé le manque à gagner afin de sauver cet organisme de développement économique. En 2015, le nouveau directeur général, Frédéric Houle, chiffrait à 5 000 par an le nombre d’heures en moins offert en services directs aux entreprises.

Éducation

Constat quelque peu similaire en éducation. Sur ce plan-là, mis à part la construction d’une patinoire à Notre-Dame-du-Laus, des enveloppes pour contrer le décrochage scolaire et l’ajout de deux maternelles, la ministre St-Pierre semble avoir peu de choses marquantes à mettre au crédit de son gouvernement dans les Hautes-Laurentides.

Malgré les récents réinvestissements, les compressions budgétaires des dernières années ont fait mal à la CSPN et semé l’inquiétude parmi le personnel. En effet, la CSPN a bien failli se résigner à couper dans le service aux élèves et à fusionner avec celles des Laurentides et de Rivière-du-Nord, jusqu’à ce que le ministre de l’éducation de l’époque, Yves Bolduc, ne fasse machine arrière (2014-2015), avant de démissionner (février 2015) et de laisser la place à François Blais. En affirmant que l’équilibre budgétaire devait primer sur le réinvestissement en éducation (octobre 2015), ce dernier n’a pas rassuré le milieu de l’enseignement. Le ministre actuel, Sébastien Proulx, aura-t-il eu le temps de ramasser les pots cassés et de rétablir la confiance?

Santé

Côté santé, le bilan des quatre dernières années est mitigé. La première moitié du mandat a été marquée par la création du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides (mars 2015). À cette occasion 56% des postes de cadres locaux ont été éliminés dans Antoine-Labelle et un seul représentant du milieu a été nommé sur le conseil d’administration par le ministre, sans avoir la liberté de répondre aux questions des journalistes. Est-ce que les Hautes-Laurentides ont gagné au change avec la relocalisation d’Info Social (8-1-1) à Rivière-Rouge et la création de 21 emplois dans cette ville (août 2016)?

De bons coups ont suivi: reconnaissance (juillet 2017) d’un troisième Groupe de médecine familiale (GMF), dépassement de la cible fixée du ministre Gaétan Barrette de 85% de patients pris en charge par un médecin de famille (septembre 2017), bonification de la couverture ambulancière au nord de Mont-Laurier (avril 2018) et annonce d’une enveloppe supplémentaire de 45 670 110$ pour d’éliminer toute forme d’iniquité interrégionale en matière de financement (avril 2018).

On attend encore en revanche un projet de 24 M$ pour la modernisation de l’hôpital de Mont-Laurier. De manière générale, rappelons que les bâtiments de santé et de services sociaux sont en très mauvais état dans Antoine-Labelle, mais des travaux de 38 M$ devraient améliorer la situation d’ici les cinq prochaines années.

Affaires municipales

Sur le front des affaires municipales, la ministre St-Pierre rappelle la mise aux normes d’un barrage à Lac-Saguay, de l’aide financière pour soutenir les propriétaires aux prises avec la pyrrhotite ou encore les 550 000$ octroyés à la MRC d’Antoine-Labelle dans le cadre du programme RénoRégion. Pas un mot cependant sur le début de mandat marqué la disparition de la Conférence régionale des élus (CRÉ).

Culture

En culture, on retiendra surtout des quatre dernières années l’aide financière de 1 088 900$ annoncée pour la relocalisation du Centre d’exposition de Mont-Laurier (novembre 2017).

Environnement

Si l’on se penche sur la question environnementale, notons l’octroi de 1 387 000$ à la Régie intermunicipale des déchets de la Lièvre (RIDL) pour une installation de compostage (juillet 2015), le soutien financier au conseil régional de l’environnement des Laurentides ou encore l’aide apportée aux organismes de bassins versants (mai 2018), dont le Comité du bassin versant de la rivière du Lièvre (COBALI).

Forêt, Faune et Parcs

En ce qui concerne le milieu de la forêt et de la faune, soulignons l’importante annonce de la reconstruction du pont Ceizur (juin 2017), qui donne accès à 12% des territoires non organisées (TNO) de la MRC d’Antoine-Labelle (ce qui représente aussi 8% de tout le territoire public des Laurentides) et qui a été fermé entre 2012 et 2014.

En plus des sommes réservées aux travaux sylvicoles, le gouvernement injecte également de l’argent pour la mise en valeur des forêts privées. Par contre, la ministre St-Pierre n’évoque pas la décision controversée (avril 2017) de transférer les activités de la pisciculture de Lac-des-Écorces à Baldwin-Coaticook (Estrie), qui est encore aujourd’hui combattue par les élus locaux. Sept emplois sont notamment en jeu.

Tourisme

Au niveau du tourisme, les aides financières (348 000$, puis 509 000$) annoncées au profit des événements et festivals des Laurentides (août 2017 et juillet 2018) se concentrent majoritairement à Mont-Tremblant et dans les Basses-Laurentides. En tout et pour tout, en deux ans, on parle au maximum de 43 000$ distribués dans les Hautes-Laurentides.

Transports

Il aura fallu la mort d’une énième personne (janvier 2018) pour forcer le quatrième ministre à s’occuper des Transports depuis 2014, André Fortin, à prendre le taureau par les cornes (mai 2018) et inscrire au Plan québécois des infrastructures (PQI) un projet de chaussée à quatre voies entre Labelle et Rivière-Rouge. Cette promesse avait été faite par un autre ministre libéral en 2011, mais n’avait pas été tenue. On comptabilise depuis une trentaine de morts sur le tronçon compris entre Mont-Laurier et Labelle. La 117 s’est vue donner les tristes surnoms de «Sang 17» ou de «Route de la mort».

L’autre annonce majeure a été faite par la ministre St-Pierre (décembre 2017) dans la MRC voisine des Laurentides. Il s’agissait là encore d’une promesse non-tenue: celle de réaliser une voie de contournement pour les motoneigistes entre Saint-Faustin-Lac-Carré et Mont-Tremblant. La présidente de la Fédération des Clubs de Motoneigistes du Québec, Denise Grenier, estimait alors que la situation avait fait perdre aux Laurentides leur première place de destination motoneige au Québec et beaucoup d’argent aux entreprises locales.

Communautaire

La ministre St-Pierre n’avait rien à dire par rapport au milieu communautaire dans son communiqué de presse. À l’échelle du Québec, les organismes communautaires réclament 475 M$ de plus qu’actuellement pour remplir leur mission. Québec leur a accordé 22,5 M$ de plus cette année (mars 2018).

Le député de Labelle, Sylvain Pagé, aux côtés du ministre des Transports, André Fortin, lors de l’annonce de l’élargissement de la route 117 entre Labelle et Rivière-Rouge (photo: archives – L’Information du Nord).
Élue dans la circonscription de l’Acadie (Montréal), la ministre Christine St-Pierre s’est vue confier la responsabilité de la région des Laurentides en 2015. Entre 2014 et 2015, ce rôle était dévolu à son collègue Pierre Arcand. Mme St-Pierre est aussi ministre des Relations internationales et de la Francophonie (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

«J’ai abordé ce mandat avec une seule obsession: améliorer la vie des gens, sortir le Québec du pessimisme, redonner espoir et montrer que nous sommes capables de réussir.» – Philippe Couillard, premier ministre du Québec

«Peut-être devrions-nous aller voter tous les ans, cela éviterait de pareilles mises en scène.» – Sylvain Pagé, député de Labelle

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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