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10 juillet 2018

Entretien des routes locales

Québec investit 5 407 557$ dans les routes des Hautes-Laurentides

Simon Dominé , Rédacteur en chef

Le gouvernement du Québec bonifie son aide aux municipalités d’Antoine-Labelle pour l’entretien de la voirie locale et notamment en ce qui concerne les chemins à double vocation, par lesquels transitent les chargements de bois (photo:  archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Le gouvernement du Québec bonifie son aide aux municipalités d’Antoine-Labelle pour l’entretien de la voirie locale et notamment en ce qui concerne les chemins à double vocation, par lesquels transitent les chargements de bois (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Sur les 8 757 205$ que Québec alloue à 42 municipalités des Laurentides pour l’entretien des routes sous leur gestion, les 17 municipalités situées dans la MRC d’Antoine-Labelle s’en partageront 5 407 557$.

L’an passé, le gouvernement du Québec avait octroyé un montant de 6 618 987$ pour l’entretien de la voirie locale à travers toutes les Laurentides. Le 4 juillet, la ministre responsable de la région, Christine St-Pierre, a annoncé que ce montant était revu à la hausse cette année. On parle d’une bonification de 32%. Dans les Hautes-Laurentides, ce pourcentage grimpe davantage encore, pour s’établir à 39%.

Cette annonce fait suite à la tournée de consultations prébudgétaires menée par le député de Chapleau, Marc Carrière, sur les programmes d’aide financière à la voirie locale, qui n’avaient pas été indexés depuis la réforme Ryan en 1993.

L’attachée politique de la ministre, Vicky Emard, explique pourquoi plus d’argent est investi dans Antoine-Labelle: «L’aide à l’entretien sera accordée en fonction de l’indice de vitalité économique des municipalités, c’est-à-dire, que les municipalités plus dévitalisées recevront plus».

À l’échelle du Québec, l’aide financière dédiée à l’entretien de la voirie locale augmente de 50 M$, pour s’établir à 224,7 M$. En outre, l’ensemble des programmes d’aide financière existant ont été regroupés au sein d’un seul et même programme: le Programme d’aide à la voirie locale (PAV).

En septembre 2016, l’entreprise Cima+ avait dressé un sombre portrait de l’état des routes dans la MRC d’Antoine-Labelle. En effet, sur le seul réseau routier local jugé prioritaire (331 km) par les 17 mairesses et maires, 189 étaient classés comme en mauvais ou très mauvais état.

Le préfet de la MRC d’Antoine-Labelle et maire de Ferme-Neuve, Gilbert Pilote, s’est montré satisfait de l’annonce. «Les bonifications des enveloppes budgétaires vont certainement aider à l’amélioration de l’état du réseau routier local, a-t-il dit. Nous ne pouvons que nous en réjouir.»

«Un signe d’écoute et de confiance»

La ministre St-Pierre pense que «C’est un signe d’écoute et de confiance envers le milieu municipal dont fait preuve le gouvernement en simplifiant et en modernisant les normes particulièrement à l’égard de l’aide à l’immobilisation et de l’aide à l’entretien du réseau routier local. Les sommes allouées permettront d’assurer la planification, l’amélioration et l’entretien des routes dans la région des Laurentides».

Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé de regrouper au sein d’un seul programme, le PAV, l’ensemble des programmes d’aide à la voirie locale?

«Le fait de n’avoir désormais qu’un seul et même programme qui couvre une large gamme de besoins, plutôt que sept, permettra d’alléger les modalités de gestion, répond Mme Emard. Ça permettra aussi au Ministère de réaffecter dans un autre volet les sommes non engagées en fin d’année financière. Ce n’était pas possible lorsqu’il y avait sept programmes. Et, malgré le fait que le PAV comporte neuf volets, la clarification des normes fait en sorte que les municipalités pourront facilement identifier le volet dans lequel déposer leur demande.

M. Pilote estime que cette centralisation des programmes d’aide financière a «de bons côtés», mais il émet un certain bémol: «Dorénavant, les services professionnels d’ingénierie exécutés par une MRC dotée d’un service d’ingénierie sont admissibles. C’est ce qui représente un avantage considérable pour les municipalités partenaires du nouveau service d’ingénierie de la MRC d’Antoine-Labelle. Il y aura également une meilleure vision de l’ensemble des aides accordées. Toutefois, comme nous ne connaissons pas les méthodes de traitement des demandes et les effectifs disponibles, nous appréhendons la possibilité d’engorgement et les délais de réponse aux demandes».

Le PAV est en vigueur jusqu’en 2021 et devrait être renouvelé passé cette date, selon l’attachée politique de la ministre St-Pierre.

Chemins à double vocation

Fait à noter: le gouvernement mentionne que les budgets alloués aux chemins à double vocation vont aussi augmenter.

«L’inventaire annuel des chemins à double vocation permet de déterminer, à partir des demandes municipales, le nombre de kilomètres de routes locales ayant aussi une vocation d’accès aux ressources forestières ou minières, précise Mme Emard. Chaque année, une résolution municipale est présentée au Ministère afin de s’assurer de la double vocation de ces chemins désignés. L’aide financière est calculée à partir de la formule suivante: Aide financière = Nombre de kilomètres de chemins à double vocation x 2 000 $/km. Même si des changements de vocation de routes locales surviennent en cours d’année pour un bénéficiaire, l’aide financière annuelle sera versée intégralement à celui-ci. Le montant était de 832$/km.

En janvier dernier, le préfet Pilote, avait jugé que 832$/km constituait un montant «complètement dérisoire». Est-ce que la somme de 2 000$/km fait maintenant son affaire?

«(…) nous nous sommes sentis entendus à l’annonce de cette augmentation, mentionne M. Pilote. Toutefois, nous nous dirons totalement satisfaits lorsque le seuil minimal de 1 000 passages par année sur les chemins à double vocation sera réévalué à la baisse ou que des montants proportionnels au nombre de passages seront accordés aux municipalités n’atteignant pas le seuil. Actuellement, très peu de municipalités du territoire arrivent à atteindre ce seuil. Par la Montée Leblanc et le Chemin Léandre Meilleur, la municipalité de Ferme-Neuve est l’une des rares à l’atteindre et ainsi se prévaloir de l’enveloppe budgétaire prévue à cet effet».

Le ministère des Transports (MTQ) se penchera sur la question à l’automne prochain et la MRC assure qu’elle suivra le dossier de très près.

Montant par municipalité

Chute-Saint-Philippe (331 468$, +29%)

Ferme-Neuve (885 426$, +40%)

Kiamika (339 115$, +45%)

La Macaza (240 795$, +42%)

Lac-des-Écorces (231 266$, +61%)

Lac-du-Cerf (148 110$, +35%)

Lac-Saguay (152 649$, +58%)

Lac-Saint-Paul (160 643$, +36%)

L’Ascension (416 728$, +74%)

Mont-Laurier (90 395$, +0%)

Mont-Saint-Michel (125 832$, +64%)

Nominingue (464 672$, +32%)

Notre-Dame-de-Pontmain (106 858$, +0%)

Notre-Dame-du-Laus (158 654$, +0%)

Rivière-Rouge (658 181$, +68%)

Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles (345 443$, +43%)

Sainte-Anne-du-Lac (275 661$, +39%)

«Nous nous dirons totalement satisfaits lorsque le seuil minimal de 1 000 passages par année sur les chemins à double vocation sera réévalué à la baisse ou que des montants proportionnels au nombre de passages seront accordés aux municipalités n’atteignant pas le seuil.» – Gilbert Pilote, préfet de la MRC d’Antoine-Labelle

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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