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13 juin 2018

Sécurité incendie

Les maires donnent leur point de vue

Simon Dominé , Rédacteur en chef

Les services incendie risquent de collaborer davantage, mais leur fusion au sein de trois grands secteurs ne semble pas à l’agenda des maires (photo: archives – Code Rouge Mont-Laurier).
Les services incendie risquent de collaborer davantage, mais leur fusion au sein de trois grands secteurs ne semble pas à l’agenda des maires (photo: archives – Code Rouge Mont-Laurier).

Suite au dépôt de l’étude d’opportunité sur le regroupement des services incendie (SSI), Le Courant s’est entretenu avec les maires de Notre-Dame-du-Laus, Lac-des-Écorces, Mont-Laurier et Mont-Saint-Michel afin de connaître leurs opinions et projets.

«L’exercice n’a pas été vain», pense le maire de Notre-Dame-du-Laus, Stéphane Roy. Un point de vue qui semble partagé par le maire de Mont-Laurier, Daniel Bourdon, qui rappelle que l’étude déposée à la MRC d’Antoine-Labelle par la firme Michel Richer inc. «c’était pour voir s’il y avait possibilité de s’améliorer». Le maire de Mont-Saint-Michel, André-Marcel Évéquoz était quant à lui «curieux» de voir les recommandations.

Un rapport parfois critiqué

Toutefois, certaines informations colligées par la firme les font réagir. Cette dernière soutient par exemple qu’une majorité de services seraient sous-financés, comme à Notre-Dame-du-Laus et Mont-Laurier.

«Je sais qu’autour de la table, il y avait plusieurs maires qui remettaient en cause les chiffres obtenus, témoigne M. Roy. On a un doute aussi.»

Même réaction de la part du maire Bourdon: «Moi, on ne m’a jamais dit que notre service était sous-financé».

À Lac-des-Écorces, le maire Pierre Flamand n’hésite pas à dire qu’entre les calculs de l’expert et ceux effectués par ses services financiers, ça ne colle pas toujours. «Je ne sais pas où il a pris ses chiffres», lance-t-il en faisant référence au coût/habitant pour le SSI, qui serait de 97$ à Lac-des-Écorces selon la firme et de 68$ d’après lui. À qui se fier?

Même chose au niveau des supposés problèmes de nomination d’officiers à Mont-Laurier. «Il me l’apprend, parce qu’en aucun moment on a des problèmes avec les nominations d’officiers, affirme M. Bourdon. C’est sûr qu’on n’a pas cinq officiers à temps plein, mais tous les postes sont comblés.»

Ce qui peut être amélioré

De son côté, le maire Évéquoz estime que les regroupements n’élimineront pas forcément le temps de mobilisation des pompiers, qui, dans sa municipalité affiche une moyenne de 60 minutes le jour. «Le problème, c’est le manque de pompiers», analyse ce dernier.

En plus d’être maire, cet agriculteur endosse aussi le chapeau de directeur incendie à Mont-Saint-Michel. Il rappelle que ses hommes et lui sont tous des volontaires, avec un travail, des familles, etc. Sa dernière recrue est un agriculteur de 33 ans qui vient de s’établir dans le coin. Pour la moyenne d’âge des pompiers à Mont-Saint-Michel, 33 ans, c’est très jeune.

Ce qui semble plaire le plus aux maires interrogés, c’est l’idée d’améliorer les volets administratif et de prévention, la formation ou encore les entraînements, en se partageant les coûts. «Ça prend un professionnel», tranche M. Évéquoz. «On veut rester indépendants, mais aller chercher des services de la Ville de Mont-Laurier», évoque pour sa part le maire Roy.

Le bal des négociations a commencé

Une première rencontre a eu lieu le 30 avril entre les représentants Mont-Laurier, Saint-Aimé-du-Lac-des-îles, Notre-Dame-de-Pontmain et Notre-Dame-du-Laus, auxquels se sont joints ceux de Ferme-Neuve. À peine évoquée par la firme, l’idée de ne former qu’un seul et unique SSI dans cette partie de la vallée de la Lièvre semble déjà morte et enterrée.

«Il n’y aura pas de service unique», prévient le maire Bourdon, puisque Mont-Laurier n’en recevrait aucun avantage au niveau financier. Même position à Notre-Dame-du-Laus, où un tel scénario coûterait environ 75 000$ de plus par an.

Le Service en sécurité incendie Rivière-Kiamika (SSIRK), formé par les municipalités de Lac-des-Écorces, Kiamika et Chute-Saint-Philippe et qui protège également Lac-du-Cerf et Lac-Saint-Paul, s’en ira-t-il quant à lui encore plus au nord?

«On a rencontré la semaine dernière Mont-Saint-Michel et Sainte-Anne-du-Lac», confirme le maire Flamand, mais il ajoute que «ça reste en négociation». Impossible toutefois que la recommandation de former un seul SSI de Sainte-Anne-du-Lac à Lac-du-Cerf ne prenne corps. «Il n’est pas question qu’on débourse une cenne de plus», annonce en effet M. Flamand, qui calcule qu’un tel scénario lui coûterait plus cher.

Conscient d’avoir sous la main l’un des meilleurs SSI de la MRC d’Antoine-Labelle, le maire Flamand risque d’être dur en affaires. «Ce que je dis, c’est “On a investi, pas vous. Vous voulez nous rejoindre, mais il faut payer ce qu’on a investi”. Il y en a qui ne veulent pas fusionner avec nous à cause de ça. C’est de même. On n’est pas des fous.»

«Je sais qu’autour de la table, il y avait plusieurs maires qui remettaient en cause les chiffres obtenus. On a un doute aussi.» – Stéphane Roy, maire de Notre-Dame-du-Laus

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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