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13 juin 2018

Sécurité incendie

Plusieurs services sont sous-financés

Simon Dominé , Rédacteur en chef

Le sous-financement de plusieurs services en sécurité incendie de la MRC d’Antoine-Labelle fait en sorte que leur gestion administrative se retrouve souvent sur le bureau des fonctionnaires municipaux (photo: Code Rouge Mont-Laurier).
Le sous-financement de plusieurs services en sécurité incendie de la MRC d’Antoine-Labelle fait en sorte que leur gestion administrative se retrouve souvent sur le bureau des fonctionnaires municipaux (photo: Code Rouge Mont-Laurier).

La majorité des municipalités des Hautes-Laurentides – dont Mont-Laurier et Rivière-Rouge – se situe en-dessous de la moyenne québécoise en ce qui concerne le financement des services de sécurité incendie (SSI).

Dans le rapport qu’elle a remis aux élus municipaux de la MRC d’Antoine-Labelle, la firme Michel Richer inc. explique que plusieurs de leurs SSI sont actuellement sous-financés.

Au Québec, les SSI coûtent en moyenne 128$ par habitant, mais dans les Hautes-Laurentides, cette moyenne est bien inférieure: on parle en effet de 91$. Même constat si l’on prend cette fois le pourcentage du budget municipal injecté dans le SSI: la moyenne est de 7,2% au Québec, mais de 5,4% dans la MRC d’Antoine-Labelle.

Attention cependant: il existe des écarts marqués entre les 17 villes et municipalités du territoire.

Plusieurs niveaux de lecture

Avec ses 412 résidents et son budget municipal annuel de 1 324 634$, c’est le petit village de Lac-du-Cerf qui dépenserait le plus par habitant en sécurité incendie: 237$. À l’autre bout du spectre, les contribuables qui paieraient le moins cher sont ceux de Ferme-Neuve (2 784 résidents; budget municipal de 4 574 983$), puisqu’il leur en coûterait seulement 47$.

Vu sous l’angle de la part du budget municipal réservé au fonctionnement du SSI, c’est Lac-des-Écorces qui consacrerait cette fois le plus d’argent à la sécurité incendie de ses résidents avec un taux de 11,6%, alors même que son coût par habitant n’atteint que 97$. À l’inverse, c’est Lac-Saint-Paul qui fait pâle figure à ce niveau, en n’injectant que 3,5% de son budget pour le SSI.

Enfin, si l’on se fie seulement au budget de service, c’est sans surprise Mont-Laurier qui trône en tête avec des dépenses de 841 620$, même si son ratio service-budget (4,7%) et son coût/habitant (73$) sont parmi les plus faibles de la région. À ce jeu-là, c’est encore Lac-Saint-Paul qui arrive en queue de peloton avec des dépenses de 35 000$.

À noter qu’aucun chiffre n’est disponible dans le rapport pour La Macaza et Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles, mais ces deux municipalités sont couvertes respectivement par les SSI de Rivière-Rouge et de Mont-Laurier.

Des services fragilisés

Si l’on s’en tient aux deux critères retenus par la firme Michel Richer inc. pour évaluer le financement des SSI, la plupart des municipalités ne consacrent pas assez d’argent à la sécurité publique.

En effet, si l’on prend le coût pas habitant, au moins cinq municipalités se situent non seulement en-dessous de la moyenne québécoise, mais également sous la moyenne régionale: Nominingue (84$), Sainte-Anne-du-Lac (76$), Mont-Laurier (73$), Lac-Saint-Paul et Rivière-Rouge (71$) et enfin, Ferme-Neuve (47$).

Si l’on regarde cette fois la portion du budget municipal dédié au SSI, ce sont 12 municipalités sur 17 qui sont en-dessous de la moyenne québécoise. De plus, elles sont au moins huit à être en-dessous de la moyenne régionale: Notre-Dame-du-Laus (5,3%), Notre-Dame-de-Pontmain (5,1%), Mont-Laurier et Rivière-Rouge (4,7%), Sainte-Anne-du-Lac (4,1%), Ferme-Neuve (4%), Nominingue (3,7%) et Lac-Saint-Paul (3,5%).

Pour la firme Michel Richer inc., l’écart important entre les municipalités «explique (…) certaines problématiques opérationnelles et de développement de plusieurs organisations».

Des écarts au niveau des conditions salariales

Autre point souligné par la firme Michel Richer inc.: que ce soit pour les pompiers volontaires ou les officiers, les taux horaires lors d’une intervention d’urgence ou lors d’un entraînement varient, de 15$ à 32,93$ dans le premier cas et de 14,36$ à 29,92$ dans le second.

Aucun SSI n’est affilié à un syndicat. «Une seule organisation a une entente écrite qui présente les obligations de chaque partie», précise-t-on dans le rapport.

La disparité est également importante au niveau des conditions salariales et du statut des directeurs de services.

Le fardeau de la gestion administrative

Dans ses échanges avec les municipalités et les directeurs de SSI, la firme Michel Richer inc. a par ailleurs été à même de constater que le temps alloué à l’administration des services est parfois insuffisant.

«(…) l’intérêt mais surtout les connaissances de l’ensemble des directeurs en gestion administrative des services (ressources humaines, financières, matérielles) est un handicap majeur dans le développement des organisations (…)», écrit-on dans le rapport.

La transmission d’une information fidèle permettant aux élus municipaux de trouver des solutions à certaines situations semble également problématique.

Dans bien des cas, les fonctionnaires municipaux (directions générales, secrétariats) sont mis à contribution de façon épisodique afin d’effectuer de la gestion administrative pour les SSI.

«Il est très difficile pour ces ressources d’estimer un nombre annuel d’implication auprès des services de sécurité incendie mais, lors de nos rencontres, certains gestionnaires nous ont fait part des demandes croissantes que leur directeur ne peut effectuer, en raison d’un manque de connaissances en gestion administrative et gestion des ressources humaines, etc.», souligne la firme Michel Richer inc.

Cette dernière estime donc que c’est par la mise en place d’une nouvelle gouvernance que les municipalités parviendront à «éliminer ces heures consacrées à la gestion, au support clérical et au suivi quotidien des organisations».

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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