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5 juin 2018

L’empreinte marquée du milieu communautaire

Alexandre Dubé , Journaliste

On le voit clairement sur cette photo, les femmes sont omniprésentes dans le milieu communautaire (photo: Alexandre Dubé - Le Courant des Hautes-Laurentides).
On le voit clairement sur cette photo, les femmes sont omniprésentes dans le milieu communautaire (photo: Alexandre Dubé - Le Courant des Hautes-Laurentides).

Chiffres à l’appui, la Corporation de développement communautaire (CDC) des Hautes-Laurentides vient de prouver l’indispensabilité des organismes communautaires pour l’économie et la société de la région.

On se doutait tous que les organismes communautaires jouaient un rôle crucial dans la région, mais grâce à au portrait de l’empreinte sociale et économique des membres de la CDC, on en connait mieux l’ampleur.

À la fin de son assemblée générale du 24 mai dernier, la CDC a dévoilé la mise à jour de son premier portrait de la contribution du mouvement communautaire dans la MRC d’Antoine-Labelle, produit en décembre 2015.

Pour ce deuxième exercice, fait à partir des rapports d’activités 2016-2017, les organismes membres de la CDC sont si nombreux à avoir répondu à son questionnaire (41/49, 84%) que ses résultats ont une valeur scientifique, avec un niveau de précision de plus ou moins 5%.

Mentionnons que Diabète Mont-Laurier vient de rejoindre la CDC, portant les effectifs du regroupement à 50. On dit aussi dans le document que la CDC «regroupe depuis une dizaine d’années 96% des organismes communautaires de la MRC d’Antoine-Labelle».

L’équivalent de 1 542 156$ en bénévolat

Les organismes membres de la CDC peuvent compter sur le soutien de quelque 1 894 bénévoles, qui s’investissent pour un total de 128 500 heures chaque année. «S’ils étaient rémunérés au salaire minimum, ces bénévoles représenteraient une main-d’œuvre de 1 542 156$», mentionne-t-on dans le communiqué.

«Les personnes qui s’impliquent comme bénévoles sont le moteur de nos communautés, soutient Marie-Hélène Gaudreau, directrice de la CDC. L’action communautaire autonome est une ressource vitale pour de nombreux citoyens et citoyennes vivant une situation de vulnérabilité chez nous.»

Des acteurs de longue date

Plusieurs organismes sont enracinés dans la collectivité depuis des lustres. 17 des 41 organismes répondants existent depuis plus de 30 ans, dont la société Saint-Vincent-de-Paul, grande doyenne avec 87 ans d’existence. Aussi, 85% des organismes sont actifs depuis plus de 20 ans.

Quelques petits nouveaux se sont joints récemment à la famille de la CDC, dont l’organisme Au cœur de l’arbre, une maison de répit pour les enfants avec ou sans diagnostic qui a vu le jour à l’automne dernier. Ils ne sont d’ailleurs que six organismes à exister depuis moins de 20 ans.

Le communautaire, créateur d’emplois

Le nombre d’employés aux services d’organismes communautaires est considérable. On parle d’au moins 466 employés dont le salaire moyen est de 18,75$ de l’heure, pour une masse salariale globale de 10,3 M$. Ces employés «contribuent non seulement quotidiennement à l’amélioration de la qualité de vie, mais participent à notre économie locale», souligne-t-on dans le communiqué.

Les organismes engendrent aussi des retombées économiques significatives en achetant localement à hauteur de 1 041 368$ annuellement.

Un besoin de financement grandissant

Les organismes sont de plus en plus sollicités par le milieu, notamment à la suite des coupures du gouvernement Couillard dans les services publics, les organismes tentant de combler le vide. On dénombrerait 36 977 personnes qui ont reçu l’aide d’organisme pour cette année, soit plus que la population totale de la MRC. La CDC précise qu’«une personne peut avoir bénéficié du soutien de plusieurs organismes», ce qui explique cette impressionnante statistique.

«Il y a tellement eu de coupures, que là, présentement, les sommes qui arrivent c’est simplement pour réussir à survivre», déplore Mme Gaudreau. Selon elle, des «organismes communautaires ont coupé des heures sur des postes, ou ils ont demandé à des employés de quasiment faire du bénévolat» après les heures de travail.

Elle reste prudente quant aux promesses des partis politiques: «On a tellement de promesses qu’on ne sait même pas si ce qu’on nous annonce ça va être livré. […] Présentement c’est sûr qu’ils veulent essayer de gagner leurs élections, donc ils ont décidé de donner un très grand pourcentage pour le communautaire, mais ils ont échappé beaucoup de secteurs d’activité».

Un milieu majoritairement féminin

On aborde souvent de l’enjeu de la parité homme-femme dans le milieu des affaires, mais dans le communautaire les femmes ne donnent pas leur place. Il suffit de regarder la photo des représentantes des organismes pour constater que les femmes y sont omniprésentes.

En fait, seuls Michel Bolduc, directeur général de la Maison Lyse-Beauchamp, et Frédéric Houle, directeur général du CLD d’Antoine-Labelle, représentaient la gent masculine aux côtés des dizaines de directrices d’organismes.

On recense dans l’étude de la CDC que 78% des 466 salariés du communautaire sont des femmes, comparativement à 22% d’hommes. L’écart s’amoindrit au niveau du bénévolat, mais les femmes demeurent plus nombreuses (59%) que les hommes (41%).

«Ce portrait reflète l’empreinte dessinée et, surtout, la volonté toujours renouvelée d’accomplissement des hommes et des femmes animés par une passion et une volonté commune: agir pour le mieux-être de notre communauté», conclut le communiqué.

Marie-Hélène Gaudreau, directrice de la CDC des Hautes-Laurentides, était ravie du fort taux de réponses des organismes membres dans sa consultation sur l’impact social et économique de leur milieu (photo: Alexandre Dubé - Le Courant des Hautes-Laurentides).
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Alexandre Dubé , Journaliste

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