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3 juin 2018

Avec une grille-matières chargée à la rentrée 2018

Les enseignants demandent rapidement plus de ressources de Québec

Ronald McGregor - Info Nord , journaliste

Le SPEHR croit que le gouvernement du Québec doit être proactif alors que de nouvelles matières s’imposent à la prochaine rentrée et que ses membres n’ont reçu aucune formation à la fin de mai (photo: gracieuseté – SADC/MRC d’Antoine-Labelle).
Le SPEHR croit que le gouvernement du Québec doit être proactif alors que de nouvelles matières s’imposent à la prochaine rentrée et que ses membres n’ont reçu aucune formation à la fin de mai (photo: gracieuseté – SADC/MRC d’Antoine-Labelle).

Les enseignants membres du Syndicat du personnel de l’enseignement des Hautes-Rivières (SPEHR) on fait suivre il y a deux semaines plus de 200 cartes postales de manifestation au ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx. Dénonçant l’entrée de nouvelles matières qui congestionneraient leur horaire à l’automne 2018, ils déplorent que le ministre n’avance pas les barèmes et les formations nécessaires pour les enseigner aux élèves.

Il n’y a toujours pas d’accusé de réception sur le bureau du président du SPEHR, Daniel Boisjoli. La carte postale, flashant le message «L’école fourre-tout, j’en ai mon voyage!» se veut un cri du cœur. Après l’ajout dans la grille-matières de notions sur l’intimidation et la violence, le civisme et l’orientation scolaire et professionnelle, c’est au tour de l’éducation à la sexualité à être ajouté dans le programme d’enseignement.

«L’an prochain, c’est du mur-à-mur, on veut implanter l’éducation à la sexualité du préscolaire au cinquième secondaire. Le personnel enseignant n’est pas du tout contre, au contraire, on a même dénoncé quand il a fallu arrêter de l’enseigner», lance M. Boisjoli.

Le fardeau aux enseignants?

Le problème soutient le président, ce sont les conditions de mise en œuvre «qui sont alarmantes.» Il reproche au gouvernement de ne pas faire, au niveau de l’éducation à la sexualité, une annonce des montants alloués pour la mise en œuvre des apprentissages affirmant par la bande que le ministère improvise beaucoup en promettant des formations, alors que le contenu d’éducation à la sexualité n’est toujours pas révélé.

«Il projette, explicitement, de faire porter toute la charge par les enseignants et les professionnels. On ne peut pas pour l’instant faire appel des ressources externes spécialisées. On sait que des infirmières font des interventions à certains niveaux, mais je ne crois pas qu’ils y aient des ressources du préscolaire au cinquième secondaire.»

Les membres du SPEHR se posent des questions, dont: «Est-ce que l’on a la formation nécessaire pour répondre et accompagner adéquatement les élèves à l’éducation à la sexualité, questionne Daniel Boisjoli. C’est ça le problème.»

Une grille-matières pas élastique

Le ministère devra libérer des sommes d’argent selon M. Boisjoli, pour permettre aux enseignants, dans le cadre de leur semaine de travail, d’obtenir des libérations pour des formations à l’éducation à la sexualité. «Un enseignant de 6e année par exemple, doit enseigner le français, les mathématiques, les arts, l’éthique et culture religieuse, l’univers social, les sciences... alors on vient ajouter dans la grille-matières, l’éducation à la sexualité et les contenus en orientation scolaire. On manque de temps pour tout enseigner.»

Daniel Boisjoli espère qu’il ne faudra pas réduire le temps d’enseignement de matière comme le français, les mathématiques, l’univers social et les sciences pour accommoder les nouvelles matières. «La crainte, c’est de ne pas être capable de faire le tour du programme.»

Soulignons qu’un enseignant doit compter 32 heures de présence auprès des élèves, dans l’école. La solution, croit M. Boisjoli, pourrait se trouver dans l’embauche de nouveaux enseignants, mais il y a pénurie. Et cela serait dû à «la lourdeur de la tâche». Cette lourdeur que le syndicaliste impute au surplus de travail administratif pour les enseignants et l’intégration d’élèves en difficulté, eux qui sont en augmentation depuis quelques années.

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Ronald McGregor - Info Nord , journaliste

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