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16 mai 2018

Agriculture

L’aventure continue pour le PDZA

Simon Dominé , Rédacteur en chef

La qualité des pâturages est une des forces de la zone agricole de la MRC d’Antoine-Labelle (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).
La qualité des pâturages est une des forces de la zone agricole de la MRC d’Antoine-Labelle (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Voilà déjà quatre ans que la MRC d’Antoine-Labelle a lancé une vaste offensive avec ses partenaires pour développer tout le potentiel de sa zone agricole. Où en sommes-nous aujourd’hui?

Avec ses 60 984 hectares sur les 194 853 recensés entre Mont-Laurier et Blainville, la MRC d’Antoine-Labelle possède sans conteste la plus vaste zone agricole de toute la région administrative des Laurentides. Elle représente en effet 31% de toute la tarte et la seconde MRC en important à ce niveau, celle d’Argenteuil, se situe déjà loin derrière (22%).

Avec la foresterie et le tourisme, l’agriculture constitue d’ailleurs l’un des principaux piliers économiques de la MRC d’Antoine-Labelle.

Grâce à une aide financière du ministère des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), la MRC s’est lancée en 2013 dans l’élaboration d’un plan de développement de la zone agricole (PDZA). Adopté en 2015 par le conseil des maires, il a soufflé en janvier dernier sa quatrième bougie.

Localement, c’est Nadia Brousseau, nommée comme agente de mise en œuvre en 2017, qui a la tâche de l’orchestrer.

Un outil de plus en plus populaire

D’autres MRC au Québec ont développé le même outil et lors du lancement de la Politique bioalimentaire 2018-2025, le 6 avril dernier, le gouvernement est venu reconnaître l’expertise que ces dernières ont acquise en la matière.

«Le PDZA est rendu avec une grande notoriété, estime l’agente de communication à la MRC d’Antoine-Labelle, Billie Piché. Les gens le savent que Nadia est là pour les aider, les écouter et faire le pont entre les organisations et les producteurs agricoles.»

Le fonctionnement est simple: chaque année, des projets sont ciblés et se voient attribuer un code de priorité (1, 2 ou 3). Lorsqu’elle visite les producteurs agricoles, Mme Brousseau est «l’oreille» qui permet à tous les partenaires embarqués dans l’aventure du PDZA de rester à l’affût des doléances et des idées: «C’est quoi le besoin, qu’est-ce qu’on pourrait faire pour faire avancer les choses? C’est une sorte de travail en continu».

En 2017, le PDZA a par exemple permis de réaliser un inventaire des terres en friche, de documenter l’activité acéricole, de recenser les entreprises agricoles en manque de relève ou encore d’organiser un séjour exploratoire agrotouristique.

En 2018, le travail se poursuit: on se penche sur la problématique du drainage agricole, on s’efforce de briser l’isolement des producteurs, on déploie un service de maillage entre aspirants-agriculteurs et propriétaires agricoles ou fonciers, etc., …

Depuis le 1er mai 2015, c’est plus d’une centaine d’actions qui ont été amorcées, complétées ou qui sont toujours en cours de réalisation.

Nombreux défis

Les défis sont nombreux et le PDZA risque d’avoir de beaux jours devant lui, comme le raconte Mme Brousseau.

«On est loin de Gatineau et de Montréal, illustre cette dernière. Pour le transport des marchandises, il y a des coûts élevés et c’est difficile de faire de la mise en marché ailleurs. Ça, ça veut dire aussi que c’est difficile de faire venir de la matière fertilisante pour nos champs. Oui, on a une agriculture raisonnée et écologique, mais c’est aussi parce qu’on a de la misère à fertiliser le sol. Faire venir de la chaux, ça coûte cher. On n’a pas de porcs dans la région. Ça serait un lisier qui apporterait beaucoup de valeur nutritive au sol. Nos sols sont pauvres On n’a pas le climat non plus. À Kiamika, il y a une petite zone où on fait du maïs et du soya sur des petites parcelles si on compare aux grands champs à Saint-Hyacinthe. On n’est pas structuré géographiquement et géomorphologiquement parlant pour avoir du maïs-soya dans notre région. Mais on pourrait faire plus de céréales si on pouvait enrichir plus notre sol.»

Des réussites remarquées

En revanche, l’utilisation des pesticides, des antibiotiques ou encore des organismes génétiquement modifiés (OGM) étant peu répandue, cela permet au territoire de se démarquer.

Les initiatives ne manquent pas. «J’ai déjà deux producteurs de lait biologique et ce nombre passera à trois d’ici septembre prochain, lance Mme Brousseau avec un sourire. Et je vise même à vous en rajouter deux autres!»

Le potentiel acéricole est également important et la qualité de la viande locale commence à allécher plusieurs bouchers et restaurateurs de Montréal.

De plus, les gens du coin semblent eux aussi soucieux de savoir ce qui se retrouve dans leur assiette, comme l’explique l’agente de mise en œuvre du PDZA: «L’année passée, on a sorti le logo “Hautes en saveur”. Ç’a été un beau succès. Il y a 24 détaillants de la région qui utilisé ces affiches-là, soit devant leur vitrine, soit dans une section de leur épicerie ou de leur marché».

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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