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14 mai 2018

Pour se consacrer à sa première vocation

Louis-Jean Pelletier délaisse l’Option Théâtre

Murielle Yockell , Journaliste-pigiste

Louis-Jean Pelletier admet que ce n’est pas sans émotion qu’il quitte l’Option Théâtre. Mais, en dix ans, il a su en apprécier chaque moment avec ses élèves (photo: Murielle Yockell – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Louis-Jean Pelletier admet que ce n’est pas sans émotion qu’il quitte l’Option Théâtre. Mais, en dix ans, il a su en apprécier chaque moment avec ses élèves (photo: Murielle Yockell – Le Courant des Hautes-Laurentides).

La dernière représentation de la pièce «Signé La Corneille», tenue le 10 mai dernier à la polyvalente Saint-Joseph de Mont-Laurier, marquait la fin de carrière de Louis-Jean Pelletier dans l’enseignement des arts de la scène. Celui qui fut une grande source d’inspiration et de persévérance auprès de nombreux élèves saisit l’opportunité d’enseigner l’histoire à temps plein.

Depuis dix ans, Louis-Jean Pelletier partageait son temps d’enseignement entre les arts de la scène et l’histoire. «Au fond, l’histoire a toujours été ma vocation première, explique M. Pelletier et c’est le hasard qui m’a amené à enseigner le théâtre. Comme des postes vont bientôt se libérer en histoire et qu’on m’a dit que j’avais plus de 90% de chance d’y accéder, le temps est venu pour moi de saisir cette opportunité.»

Dix années marquantes

Ses premiers pas en théâtre avec la première pièce jouée par ses élèves a été «Les sorcières de Salem», une pièce de 2h30 avec entracte.

«Je ne savais pas trop comment m`y prendre, se remémore Louis-Jean. Une semaine avant la pièce, plusieurs élèves ne connaissaient pas leur texte.» Finalement, cela a été un succès. «Les élèves m’ont appelé sur scène et j’ai vraiment pleuré, mentionne le professeur. Je ne pensais pas qu’on y arriverait.»

D’autres pièces plus dramatiques sont venues le chercher et l’ont fait frissonner, comme la scène finale de la pièce «Un sursis pour l’orchestre». La troupe du moment avait complètement réécrit la fin. «C’était vraiment touchant», explique Louis-Jean. Cette année encore, la troupe a su toucher le cœur des spectateurs avec le «Signe de la Corneille»: plusieurs d’entre eux étaient émus aux larmes pendant la scène finale.

Les pièces de Noël demeurent ses moments préférés de l’année pour la réaction enjouée et participative des élèves du primaire, mais aussi en raison des belles soirées passées avec Normand Daviault à travailler sur les décors.

Il s’en passe des choses dans les coulisses et sur la scène, nous informe M. Pelletier: comme la fois où une élève perdait sa jupe pendant qu’elle jouait devant le public. Il avait réussi à faire tenir sa jupe avec des épingles à couche sans que personne ne s’en rende compte. Il y a aussi ces petits moments magiques de spontanéité comme lorsque Dominic Brazeau s’est mis à chanter très fort la chanson thème de «Family Guy».

Des mots gravés sur le cœur

Par le biais des messages que Louis-Jean a reçus de ses élèves, on prend conscience de la grande influence positive qu’il a eu sur la vie de ses élèves. Épanouissement, confiance en soi, persévérance et détermination sont des mots qui reviennent souvent dans ces lettres. Les jeunes ont appris à s’extérioriser et s’exprimer de façon plus positive.

Marie-Philippe dit avoir surmonté sa gêne, son stress et ses angoisses à travers le théâtre. Elle résume d’ailleurs très bien dans son mot, ce que plusieurs élèves ont écrit à leur prof: «Pour la première fois de ma vie, j’ai confiance en la personne que je suis devenue. Je te remercie pour tes phrases “punch” qui portaient à réflexion, pour ta gentillesse, ton sourire, ta compréhension, mais surtout, merci pour ta grande et admirable générosité. Tu m’as marquée éternellement et je ne t’en serai jamais assez reconnaissante».

Pour Jean, un élève brillant qui s’ennuyait en classe et qui se sentait différent des autres parce qu’il n’aimait pas les sports, le théâtre aura été sa seule et unique source de motivation pour continuer l’école. Même une spectatrice remerciait le prof de théâtre pour son savoir-faire avec les élèves et la lumière qu’il arrivait à insuffler en eux.

Signé La Corneille

La troupe Option Théâtre présentait cette année un magnifique texte écrit par André Bonsang. Mais avant la levée du rideau, le prof de théâtre a d’abord prévenu les spectateurs que l’année avait été difficile, remplie de défis et que certains de ses élèves ne maîtrisaient pas encore leur texte. Mais sa troupe lui a fait honneur en réussissant un parcours sans faute.

«Mes élèves en théâtre ne le font pas pour les notes; ils s’investissent ici pour se développer et apprendre», soulignait fièrement Louis-Jean, entouré chaleureusement de ses élèves.

Dans son œuvre qui a lieu dans une école secondaire, l’auteur dénonce l’homophobie, l’intimidation, le racisme, ainsi que d’autres problèmes de société. Ces moments dramatiques, drôles et ponctués de suspense ont été présentés en dix tableaux. Les changements de décor ont été bien orchestrés par les comédiens. Par leur talent, ces derniers ont dû surprendre les membres de leurs familles et amis venus en grand nombre pour les voir.

Que devient l’Option Théâtre?

Pour le moment, personne n’a été nommé à ce poste. Mais peu importe la forme que prendra ce véhicule ou ce projet, Louis-Jean Pelletier souhaite que les élèves intéressés aux arts de la scène puissent continuer d’avoir un lieu d’expression.

«Le théâtre sert à provoquer, réfléchir, instruire et divertir. Je souhaite que l’Option Théâtre perdure dans le temps. J’ai réussi à construire des racines solides afin que l’arbre puisse pousser. L’intérêt est là et des jeunes qui veulent s’investir, il y en aura toujours: on doit les trouver, les encourager, les motiver et leur faire vivre des réussites», conclut le prof de théâtre.

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Murielle Yockell , Journaliste-pigiste

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