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11 avril 2018

Musique

Dans l’intimité de Vincent Vallières

Kathleen Godmer , journaliste-pigiste

Vincent Vallières (photo: gracieuseté).
Vincent Vallières (photo: gracieuseté).

Puisqu’il sera de passage à Mont-Laurier le 13 avril prochain pour présenter son spectacle tiré de son nouvel album, Le Courant s’est entretenu avec l’auteur-compositeur-interprète Vincent Vallières, afin de connaître un peu plus l’homme derrière l’artiste.

De quel milieu viens-tu?

Je suis issu d’une famille où la culture n’était pas si présente, au sens où je viens de l’époque où il y avait encore des Zénith dans les années 80 et mes parents avaient quelques disques mais ils étaient surtout des sportifs et ma sœur aussi. Par contre, chez nous, quand on voulait essayer quelque chose la porte était toujours ouverte. On a eu un piano quand on était jeunes et j’ai pris quelques cours, mais je n’aimais vraiment pas ça. À 14 ans on m’a offert une guitare et là j’ai pris une session de cours ou j’ai appris les bases et tout de suite après j’ai formé mes premiers groupes avec des amis. Sinon, à la base, j’étais plus un joueur de hockey et de soccer. Je n’étais pas tant destiné à ça.

Donc tu t’es tourné vers la musique?

En fait c’est un adon… Jeune, j’aimais écouter de la musique, mais comme tout le monde. C’est important la musique quand on est ado et moi ça m’aidait dans mon développement. À l’époque, pour moi c’était plus la musique grunge, un style qui était assez simple, mais je me suis rendu compte rapidement que je n’étais pas un si bon interprète des chansons des autres à cause de mon registre de voix qui est quand même limité. C’est là que je me suis dit que je devrais faire mes propres chansons. Je me suis mis à écrire et avec mon groupe on les a arrangées. C’est comme ça que c’est né. Au cégep, j’ai fait des concours du genre Cégeps Rock ou Cégeps en Spectacle avec mon groupe et ensuite on s’est mis à jouer dans les bars. Rapidement il y a un producteur qui s’est intéressé à notre musique et j’ai fait un premier album assez jeune, vers 20 ans.

Qu’est-ce que la musique a changé dans ta vie?

La musique occupe la même place aujourd’hui que quand j’étais ado, dans le sens que ça m’apporte toujours une sorte de paix. Prendre ma guitare et chanter m’a permis de passer à travers l’adolescence et maintenant la musique et surtout l’écriture me permettent de raconter, dénoncer, exprimer ce qui m’interpelle.

Comment réussis-tu à gérer carrière et famille?

Ça fait plusieurs années que je joue dans des salles de spectacles et dans des contextes favorables pour me faire écouter et j’ai constaté au fil du temps que j’étais privilégié et je veux honorer cette chance-là chaque fois que je monte sur scène. Ce n’est pas un droit acquis d’être sur scène. Sinon, je te dirais qu’il n’y a pas tant de différence entre ce que les autres font et ce que je fais. C’est un travail comme un autre. On vit dans un monde en mouvance et il faut s’adapter. Le monde évolue très rapidement, il faut apprendre à trouver l’équilibre en tenant compte de ce qui compose notre vie.

Donc tu vis bien avec le fait d’être connu et même reconnu partout où tu vas?

Absolument! Je n’ai aucun problème avec ça. C’est la vie que j’ai choisie et je l’assume. De toute façon j’aime les gens et ça me fait plaisir de leur parler lorsqu’ils m’abordent dans la rue ou ailleurs. Je me dis que si les gens me parlent et m’apprécient, c’est que je fais du bon boulot.

Ça ressemble à quoi le quotidien de Vincent Vallières?

C’est ça qui est plaisant quand on fait de la musique, il n’y a pas tant de journée typique. Durant les tournées, on visite plusieurs villes, on voit des gens différents. Dans mon métier, il y a plusieurs aspects comme la période de création, les spectacles, la promotion… Ça bouge beaucoup. Présentement, j’ai aussi commencé à faire des chroniques, soit à la radio, à la télé, dans les journaux et même un peu d’animation. Le gros de mon travail, c’est de faire de la musique pour moi, d’écrire aussi pour d’autres. Professionnellement c’est pas mal ça et le reste du temps je le réserve pour le passer avec ma famille, mon petit monde, parce que ça aussi c’est important.

Quelles sont les priorités dans ta vie?

Pour moi c’est la famille. Je ne pourrais pas faire ce que je fais dans la vie si les gens autour de moi n’étaient pas bien avec ça. J’ai compris au fil des ans que c’était important pour moi d’être bien, mais de savoir aussi que ceux que j’aime le sont et qu’ils ne subissent pas mes choix.

Malgré des horaires chargés, quels sont tes petits plaisirs dans la vie?

C’est resté la même chose, car ma passion première dans la vie c’est de faire de la musique. Quand je ne fais pas de musique, j’en écoute. J’aime aussi aller m’acheter des disques vinyles au 33 tours à Montréal et je partage ça avec mes amis. J’aime aussi beaucoup la lecture et le cinéma. Comme tu vois, ça tourne toujours autour de la culture. Depuis quelques années, je fais de la course à pied de façon un peu plus assidue parce que c’est un sport plus facile à pratiquer avec la vie de tournée et j’adore ça parce que ça me permet de me changer les idées, de faire le vide. Ma vie gravite beaucoup autour de ces pôles-là. C’est pas si original, mais c’est ça (rires). Dans le fond, le plaisir ça part de choses simples.

Si on allait dans le contraire, qu’est-ce qui t’attriste ou te fâche?

En fait il n’y a pas tellement de choses qui me choquent. On vit dans une société, particulièrement au Québec ces temps-ci, pleine de débats sociaux qui, chacun à sa façon, nous font évoluer et voir différemment. À ce compte-là, je dirais que je suis content d’appartenir à cette société qui fait grandir. Il y a plein de choses qui pourraient être mieux ou différentes, mais globalement je suis plutôt en paix avec la façon générale dont on vit.

À quoi tu rêves, as-tu encore des rêves?

Je ne suis pas un grand rêveur. J’ai la chance de vivre une grande partie de mon rêve en vivant de la chanson depuis déjà plusieurs années. Pour vrai, c’est une si grande chance pour moi et il y a tellement de gens qui voudraient faire ça et qui n’ont pas cette chance de le faire. J’étais à la bonne place au bon moment. C’est un métier qui me force à me redéfinir systématiquement de par l’écriture de chansons et à cause de la scène. Ce que je veux au fond, c’est de toujours m’améliorer et d’avoir la capacité de toujours faire mieux. C’est un métier qui est vraiment complet et qui me comble, dans lequel je peux voyager et avoir aussi assez de temps pour être avec ceux que j’aime. Je touche pratiquement au bonheur même si rien n’est jamais parfait. Je ne suis pas quelqu’un qui a le bonheur facile et je vis bien avec ça. Comme c’est là, ce serait difficile pour moi de demander mieux.

As-tu un projet qui te tient à cœur et que tu voudrais réaliser?

Oh, il y en a plusieurs! J’aimerais ça, entre autres, faire une grande tournée des États américains, mais pas sur le plan musical, plus comme un grand «road trip» qui durerait quelques mois. Évidemment, là, avec ma jeune famille ça ne s’y prête pas vraiment pour l’instant, c’est moins évident. Sur le plan création, j’aimerais beaucoup en arriver à écrire un livre. Soit un recueil de nouvelles ou un roman, mais ça c’est encore juste à l’étape du rêve, ce sera peut-être pour plus tard.

Si tu ne chantais pas, que ferais-tu?

Je sais pas, je sais plus. À un certain moment j’aurais dit enseignant. J’ai un BAC en enseignement du français et de l’histoire au secondaire, peut-être que ça pourrait m’interpeller encore. Je dirais que c’est de moins en moins clair. Autant ça a été long de me voir, de me projeter comme quelqu’un qui vit dans le monde de la culture, autant maintenant j’ai de la misère à me voir ailleurs. Si la vie m’oblige à un moment donné, je pense qu’il y a plein d’endroits où je pourrais être bien, mais oui, enseigner, ça pourrait me convenir je crois.

Une grosse question en terminant, quelle est la philosophie de vie de Vincent Vallières?

Ça c’est vraiment difficile. C’est dur d’éviter les clichés en répondant à une question comme ça, mais le défi pour moi est de ne pas trop vivre dans le passé ou dans l’avenir. Je dois apprendre à me coller à l’instant présent. Mes meilleurs moments sur scène c’est quand je réussis à me connecter avec ce qui se passe là et si je réussis à appliquer ça dans ma vie personnelle, ça va juste aller encore mieux pour moi, mais c’est pas toujours évident. C’est pour ça que je pense que la scène me permet de donner le meilleur de moi-même.

«J’ai constaté au fil du temps que j’étais privilégié et je veux honorer cette chance-là chaque fois que je monte sur scène. Ce n’est pas un droit acquis d’être sur scène.» – Vincent Vallières

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Kathleen Godmer , journaliste-pigiste

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