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10 avril 2018

Mont-Laurier

Frank Crépeau poursuit Daniel Bourdon, Denis Éthier et Lise Clément pour 175 000$

Simon Dominé , Rédacteur en chef

L’ancien conseiller municipal à la Ville de Mont-Laurier, Frank Crépeau (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).
L’ancien conseiller municipal à la Ville de Mont-Laurier, Frank Crépeau (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

L’ancien conseiller municipal Frank Crépeau reproche à Daniel Bourdon, Denis Éthier et Lise Clément d’avoir porté atteinte à sa réputation en usant de moyens malhonnêtes, afin qu’il ne puisse pas présenter sa candidature au poste de maire de Mont-Laurier lors des élections municipales de l’automne 2017. Il leur réclame 175 000$ en dommages-intérêts.

Convaincu d’avoir été victime d’une campagne de salissage planifiée à l’avance pour bloquer ses «possibles aspirations» politiques à un moment où il était «pressenti par plusieurs à titre de candidat éventuel à la mairie de Mont-Laurier», M. Crépeau réclame aujourd’hui que justice soit faite.

Le 26 janvier et le 2 février 2018, il a mis en demeure Mme Clément et MM. Bourdon et Éthier de s’excuser, mais ces derniers ont refusé. Il a donc entrepris des procédures judiciaires à leur encontre.

Comme il l’explique dans la demande introductive d’instance en dommages-intérêts pour atteinte à la réputation qu’il a déposée au palais de justice de Mont-Laurier, son avocat souhaite que le tribunal condamne les trois anciens collègues de M. Crépeau à lui payer solidairement 100 000$ à titre de dommages moraux.

Par ailleurs, il s’attend à ce que chacun d’entre eux s’acquitte – en plus – de 25 000$, à titre de dommages punitifs.

L’enquête de la CMQ

Environ deux mois (7 novembre 2016) avant d’officialiser leur candidature en vue des prochaines élections municipales (11 janvier 2017), Daniel Bourdon, Denis Éthier et Lise Clément avaient conjointement transmis à la Commission municipale du Québec (CMQ) une demande d’enquête concernant M. Crépeau.

Ils affirmaient alors avoir des motifs raisonnables de croire que ce dernier avait enfreint le code d’éthique et de déontologie des élus municipaux de la Ville de Mont-Laurier.

Ils craignaient que M. Crépeau se soit prévalu de sa fonction pour intervenir auprès des employés de la Ville de Mont-Laurier et tenter ainsi d’influencer la décision d’inclure dans les travaux d’aqueduc et d’égouts du développement Lépine des lots appartenant à la compagnie «Les Condos du Soleil Levant», dont il est l’actionnaire majoritaire.

Ils s’inquiétaient également que M. Crépeau ait pu communiquer des renseignements «n’étant généralement pas à la disposition du public» à l’entreprise Constructech M.L. inc. dans le cadre des travaux de réfection du centre sportif Jacques-Lesage.

Le 20 février 2017, la CMQ a décidé d’ouvrir une enquête sur la foi de ces allégations, mais devant l’absence de preuves, cette procédure a été définitivement abandonnée le 12 septembre 2017.

Une élection sans opposition

À cette date, l’équipe de Daniel Bourdon avait eu tout le loisir de se mettre en ordre de bataille et d’exposer en détail son programme électoral aux Lauriermontois.

Bien que serré dans le temps, M. Crépeau avait encore l’opportunité de déposer sa candidature, la fin des mises en candidatures pour les élections municipales du 5 novembre 2017 étant fixée au 6 octobre. Il ne l’a pas fait.

Sans opposition, l’équipe Bourdon a été élue par acclamation. Daniel Bourdon a succédé à Michel Adrien comme maire de Mont-Laurier. Denis Éthier a également été réélu à son siège de conseiller municipal. Lise Clément a retiré sa candidature peu de temps avant le scrutin, cédant la place à quelqu’un d’autre.

Facteurs aggravants

M. Crépeau reproche à ses trois anciens collègues d’avoir monté un argumentaire diffamatoire et non-fondé pour attaquer sa probité, son honnêteté et sa droiture. Il estime qu’ils ont aggravé leur conduite en provoquant un «battage médiatique important» et «sciemment alimenté».

L’homme d’affaires s’étonne qu’un agent immobilier (Daniel Bourdon), un policier à la retraite (Denis Éthier) et une ancienne fonctionnaire (Lise Clément) aient pu formuler sous serment des allégations «fausses», «trompeuses», «biaisées» et qui n’avaient fait l’objet «d’aucune vérification». Pour M. Crépeau, ces derniers «disposaient des connaissances et ressources nécessaires afin de constater par eux-mêmes l’absence de fondement de leurs allégations (…) avant de demander à la CMQ d’enquêter (…)».

M. Éthier semble tout particulièrement dans la ligne de mire de M. Crépeau. L’ancien policier a en effet déclaré sous serment avoir rencontré un fonctionnaire municipal, qui se serait plaint d’avoir subi de la pression politique pour favoriser les affaires de M. Crépeau.

Rencontré par la CMQ, le fonctionnaire en question a démenti avoir tenu de tels propos. M. Crépeau en conclut que les allégations de M. Étier «ont visiblement eu un poids considérable dans la décision de la CMQ de faire enquête». M. Éthier aurait d’ailleurs modifié sa version des faits au cours de l’enquête, «de façon tout à fait incompatible avec sa déclaration initiale», soutient M. Crépeau.

La facture aux contribuables?

Défendu par Me Mathias Rancourt, Frank Crépeau n’a pas souhaité commenter la situation.

Représentés quant à eux par Me Benoît Slyhtes, Mme Clément et MM. Bourdon et Éthier ont observé le même silence. Le maire de Mont-Laurier a simplement faire savoir que leur défense était en préparation et serait déposée au palais de justice d’ici quelques semaines.

Qui payera la facture, a demandé Le Courant au directeur général de la Ville de Mont-Laurier, François Leduc? «La Ville est obligée d’assumer les frais de défense raisonnables du maire et de ses conseillers municipaux dans le présent litige, a répondu ce dernier. Toutefois, elle entend préserver ses droits et pourra exiger, s’il y a lieu, le remboursement des frais de défense conformément à la Loi sur les cités et villes. Pour ce qui est des montants réclamés en dommages moraux et punitifs, la Ville n’assumera pas ces montants si le maire et les conseillers sont déclarés responsables. L’obligation de la Ville se limite aux honoraires des avocats en défense.»

À cette étape des procédures, la Ville a déboursé 3 000$.

Daniel Bourdon, maire de Mont-Laurier (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Denis Éthier, conseiller municipal (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Lise Clément, ancienne conseillère municipale (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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