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10 avril 2018

De Mont-Saint-Michel à Harvard

Roxanne Guénette: une leader mondiale bien de chez nous

Alexandre Dubé , Journaliste

Roxanne Guénette figurait parmi la longue liste des conférenciers invités lors du 31e Colloque science et culture du Centre collégial de Mont-Laurier (CCML), qui se tenait du 3 au 5 avril 2018. Seule conférencière originaire de la région, elle a un parcours inspirant qui doit être raconté (photo: Alexandre Dubé - Le Courant des Hautes-Laurentides).
Roxanne Guénette figurait parmi la longue liste des conférenciers invités lors du 31e Colloque science et culture du Centre collégial de Mont-Laurier (CCML), qui se tenait du 3 au 5 avril 2018. Seule conférencière originaire de la région, elle a un parcours inspirant qui doit être raconté (photo: Alexandre Dubé - Le Courant des Hautes-Laurentides).

Elle est originaire de Mont-Saint-Michel. Elle a fait son secondaire à Mont-Laurier. Elle a joué au basketball pour l’équipe de la Polyvalente Saint-Joseph. Aujourd’hui, elle est professeure de physique à l’Université Harvard. Roxanne Guénette, une femme dont le parcours inspirant prouve que l’on peut tous atteindre les plus hauts sommets.

Fille d’un père menuisier et d’une maman à la maison, issue d’une famille de quatre enfants élevés à Mont-Saint-Michel, Roxanne croit être «vraiment une personne typique de la région». Elle raconte: «On allait à l’école du village, on jouait au baseball dans le village, à la patinoire.»

«Quand je suis arrivé à la polyvalente, j’ai joué au basketball dans l’équipe ici», se remémore celle qui a décidé de poursuivre ses études collégiales à Montréal pour continuer de jouer au basket.

Un parcours inspirant

D’où vient cet intérêt pour la physique? «J’ai passé beaucoup de temps quand j’étais jeune à regarder le ciel, ça a vraiment piqué mon intérêt pour la science, répond la professeur à Harvard. L’astrophysique c’est ce qui m’a accroché.»

Ne maîtrisant pas bien l’anglais à l’époque, elle n’était pas «game» d’aller à l’Université McGill et a donc fait son baccalauréat puis sa maîtrise en physique à l’Université de Montréal.

«J’ai appris l’anglais vraiment tard comparé à d’autres. Je l’ai fait à l’Institut linguistique, 254-6011», raconte la scientifique, qui évolue dans un milieu ou le savoir se partage principalement dans la langue de Shakespeare.

Affranchie de la barrière linguistique, elle a complété son doctorat à McGill avant de déménager, avec son copain anglophone, à New Haven, au Connecticut, pour faire un stage postdoctoral à l’Université Yale. Elle a ensuite occupé pendant quatre ans un poste de boursière de recherche à l’Université d’Oxford avant de devenir professeure à l’Université Harvard.

Progresser «étape par étape»

«Une de mes forces, c’est que si je fais quelque chose qui m’intéresse, je le fais jusqu’au bout», confie la scientifique qui n’a «jamais eu le réflexe de penser à toute [sa] vie» dans l’ensemble et préfère avancer «étape par étape».

«C’est cette méthode-là qui m’a apportée à Harvard. Tout ce que j’ai fait jusqu’à maintenant, j’étais toujours passionnée puis je n’ai pas eu assez d’embuches pour me dire “Ok, est-ce que c’est vraiment ça que je veux faire dans la vie?”»

C’est «stressant» être une «leader mondiale»

Roxanne Guénette explique que «quand tu es engagée [comme professeure à Harvard], c’est qu’on considère que tu es un leader mondial dans ton domaine [et] tu as cinq ans pour démontrer à l’université qu’elle a pris une bonne décision».

«C’est cinq années qui sont vraiment stressantes, parce qu’ils vont à la fin demander à tous mes collègues si je suis encore au top, si je contribue domaine», confie-t-elle. Elle a présentement à sa charge deux assistants postdoctoraux, cinq étudiants au doctorat et six étudiants au baccalauréat, ces derniers travaillant pour elle durant l’été.

En mission pour Harvard?

Pourrait-on dire que Roxanne Guénette était en mission pour Harvard à Mont-Laurier? «En partie, reconnaît-elle. Ça fait partie de ma job de représenter Harvard, mais je suis aussi en mission pour représenter la science.»

«C’est quasiment dans mes définitions de tâches, explique-t-elle. On encourage vraiment les professeurs, surtout en physique fondamentale, à aller parler aux gens, parce que ce sont les contribuables qui votent pour les gouvernements qui nous donnent notre financement.»

Mme Guénette a trois principales fonctions en tant que professeure à Harvard: «Je dois faire de la recherche fondamentale de haut niveau, je dois enseigner aux étudiants au baccalauréat et au doctorat, puis je dois faire des demandes de subventions et m’occuper du département, comme en faisant des conférences.»

«Vraiment attachée aux régions», Roxanne Guénette veut «montrer aux jeunes un exemple de chemin qu’on peut parcourir pour faire ce qu’on veut». «J’aurais vraiment aimé ça, quand j’étais jeune, d’avoir des genres de modèles comme ça, pour donner une idée de qu’est-ce qui est possible», relate-t-elle.

«Ce que j’apporte à Harvard vient beaucoup du fait que je viens d’une région comme Mont-Laurier, pense-t-elle. Mon côté humain, mon côté social, je l’ai développé ici et je suis vraiment fière d’où je viens.»

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Alexandre Dubé , Journaliste

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