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27 mars 2018

Remue-méninges collectif à Notre-Dame-du-Laus pour endiguer la dévitalisation

Simon Dominé , Rédacteur en chef

Notre-Dame-du-Laus entend prendre à bras le corps la problématique de dévitalisation de son centre-ville et l’exode des jeunes, alors que beaucoup de retraités choisissent pourtant de s’installer dans ce village situé à la confluence des Laurentides et de l’Outaouais (photo: Simon Dominé – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Notre-Dame-du-Laus entend prendre à bras le corps la problématique de dévitalisation de son centre-ville et l’exode des jeunes, alors que beaucoup de retraités choisissent pourtant de s’installer dans ce village situé à la confluence des Laurentides et de l’Outaouais (photo: Simon Dominé – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Une trentaine de personnes se sont réunies le temps d’un avant-midi le 22 mars dernier à Notre-Dame-du-Laus. Objectif: trouver des solution pour contrer la dévitalisation du village.

À l’invitation des élus municipaux qui étaient tous présents (à l’exception du maire Stéphane Roy, en déplacement à l’extérieur du pays), une vingtaine de commerçants se sont mélangés autour de tables rondes au centre communautaire. Quelques citoyens, des employés municipaux et les directeurs généraux du Centre local de développement (CLD) et de la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) d’Antoine-Labelle, avaient également répondu présent à l’appel.

Conseiller municipal depuis cinq ans et président de la Maison des Arts et du Patrimoine de Notre-Dame-du-Laus, François Monière est en charge de la promotion et du développement du territoire. Il explique pourquoi une telle réunion était devenue nécessaire: «Notre-Dame-du-Laus commence à se dévitaliser un petit peu au niveau du centre-ville. Le conseil avait déjà fait une première expérience de consultation publique avec la Politique familiale et des ainés. On s’est dit que ce serait intéressant de refaire cette expérience avec les acteurs économiques de la municipalité, pour essayer de redonner une deuxième vie au centre-ville».

Les ainés reviennent, les jeunes partent

Arrivé de Montréal pour passer sa retraite ici, en compagnie de sa conjointe native du village, M. Monière constate qu’il n’est pas le seul à avoir succombé au charme de ce village niché au cœur de la vallée du Lièvre.

«Au niveau de la population, on est en augmentation, mentionne-t-il. On est dans un “boom” de développement avec les nouveaux arrivants. Les gens apprécient beaucoup la dynamique locale, parce qu’ils ont beaucoup de services. Mais ces gens-là ont fait leur carrière. Ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas prendre des petits emplois de temps en temps, mais c’est pas des gens qui vont faire 35 heures par semaine.»

Voilà le problème. Trait d’union entre l’Outaouais et les Laurentides, entre Gatineau et Mont-Laurier, «Taram» (comme on surnomme le village) profite autant qu’il en souffre de sa proximité avec les plus grands centres urbains. À la tête de Boulangerie Daoust, Mario Daoust n’a pas de difficulté à mettre le doigt là où ça fait mal quand on lui demande quel est le principal problème du village: «Passé l’école, nos jeunes vont travailler en ville parce que la région a moins d’ouvrage. Pour travailler à l’année, faut qu’ils se déplacent en ville».

«Pas beaucoup d’ouvrage»

L’exode des jeunes s’accompagne également d’une plus grande concurrence de la part des entreprises extérieures, alors qu’il n’a jamais été aussi facile de consommer ailleurs. «On est trop près des grands centres d’une certaine façon, illustre M. Monière. Les gens achètent moins local et vont chercher aussi à l’extérieur.»

Résultat: au lieu de pouvoir compter sur plusieurs commerces florissants qui donnent du travail à la population locale, le village doit travailler fort pour conserver ses acquis. Un cercle vicieux qui touche toutes les régions rurales du Québec.

Certains font mentir ce climat de morosité apparent, comme Karine Nadeau et son conjoint, qui sont à la tête du Marché Bonichoix de la Lièvre, une entreprise qui emploie une quinzaine de personnes l’hiver et le double en été.

«On a investi dans un commerce ici et on croit vraiment à la valeur du village», déclare cette Lauriermontoise qui a vécu 20 ans à Terrebonne avant de revenir dans sa région natale. Elle confie néanmoins que sa décision de s’installer à Notre-Dame-du-Laus aurait sans doute été différente si elle avait été salariée, «parce qu’il n’y a pas beaucoup d’ouvrage».

Du concret à l’automne

Notre-Dame-du-Laus essayera-t-elle de jouer encore davantage sur son aspect «carte postale»? Le succès que rencontre le Parc régional du Poisson Blanc auprès des touristes montre qu’il y a sans doute un potentiel à exploiter à ce niveau-là.

Porte d’entrée sud de la MRC d’Antoine-Labelle, le centre-ville de Taram aurait besoin qu’on lui redonne beaucoup d’amour, pensent les participants: revamper les bâtiments, aménager des stationnements, inclure des éléments patrimoniaux, … Est-ce que cela sera suffisant?

«Le conseil municipal n’a pas toutes les solutions, mais veut travailler avec sa communauté pour essayer de trouver des pistes de solutions, répond M. Monière. Ça ne veut pas dire qu’on va tout régler demain matin, mais si on ne commence pas quelque part, on ne fera jamais rien.»

Suite à cette consultation, le conseil municipal devrait revenir avec au moins un projet concret à l’automne. Les élus municipaux espèrent bien tenir des réunions du genre à chaque année, histoire d’identifier les priorités du village et travailler à en faire un lieu plus attrayant pour les jeunes, les familles et les commerçants.

Comme le fait remarquer Mme Nadeau, le village n’offre peut-être pas des possibilités de carrière comme il en existe en ville, mais «Ça vaut de l’or de ne pas avoir à te déplacer loin pour avoir un travail».

C’est un pensez-y bien.

«Nous, on veut rajeunir un peu le village. Il est déjà très actif, mais on aimerait ça attirer encore plus de clientèle à l’année. Pas juste l’été.» – Karine Nadeau, commerçante

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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