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27 février 2018

Kintavar Exploration

Une cinquantaine d’emplois à l’été 2018

Alexandre Dubé , Journaliste

Le 22 février dernier, Kiril Mugerman et Alain Cayer se sont déplacés au CFP de Mont-Laurier afin de présenter aux étudiants et citoyens des Hautes-Laurentides les résultats d’analyses de leurs quatre premiers forages de l’hiver 2017 (photo: Alexandre Dubé – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Le 22 février dernier, Kiril Mugerman et Alain Cayer se sont déplacés au CFP de Mont-Laurier afin de présenter aux étudiants et citoyens des Hautes-Laurentides les résultats d’analyses de leurs quatre premiers forages de l’hiver 2017 (photo: Alexandre Dubé – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Les premiers résultats d’analyses de quatre de ses forages de l’an dernier étant fort prometteurs, l’entreprise Kintavar Exploration Inc. prévoit devoir compter sur une cinquantaine d’employés à l’été 2018, et peut-être même encore plus à l’hiver 2019.

Dans les dernières années, Kintavar Exploration a fait l’acquisition de quelque 486 titres miniers contigus pour former ce qu’elle appelle aujourd’hui le Projet Mitchi. Situé à 100 km au nord de Mont-Laurier et d’une superficie de plus de 28 000 hectares, ce projet suscite un réel intérêt dans la population.

Trois corridors d’exploration y ont été définis: le Corridor Nasigon, le Corridor Hispana et le Corridor Sherlock & Watson. C’est sur ce troisième corridor que Kintavar a concentré ses efforts durant sa campagne de forages de l’hiver 2017-2018.

L’entreprise y a extrait du sol douze carottes d’une longueur totale de 1 771 mètres et, d’après le document de présentation corporative de l’entreprise, les quatre «premiers résultats d’analyse confirment la continuité des zones et des teneurs» en minerais. Les résultats d’analyses des huit autres forages devraient être compilés d’ici mars 2018.

Un potentiel minier «clair et des plus prometteurs»

Rendus publics par Kintavar le 31 janvier dernier, les résultats présentent des concentrations intéressantes en cuivre et en argent. Deux d’entre eux sont particulièrement encourageants, si bien que quelques «majors» de l’exploitation minière ont déjà contacté les dirigeants de Kintavar pour les féliciter de leur découverte.

Dans le forage MS-17-03, d’une longueur de 143 mètres, on retrouve 0,34% de cuivre et 2,90 g/t (gramme/tonne) d’argent, tandis que le forage MS-17-04, d’une longueur de 180 mètres, est composé à 0,33% de cuivre et compte 2,85 g/t d’argent.

Les forages MS-17-01 et MS-17-02 présentent des concentrations moins élevées, mais ils seront prolongés lors de la prochaine campagne de forages. Dans le communiqué on explique que «Le forage MS-17-03 a démontré par la suite que la minéralisation était plus extensive que prévue», c’est-à-dire que les minerais sont présents en surface comme en profondeur.

Par exemple, de 99 mètres à 129 mètres de profondeur, le forage MS-17-03 contenait 0,61% de cuivre et 3,76 g/t d’argent, ce qui laisse penser que les deux autres forages, qui s’arrêtent à 108 m et à 72 m de profondeur, pourraient aussi être intéressants.

Le potentiel du Projet Mitchi ne s’arrête pas là: le Corridor Sherlock & Watson s’étend sur quatre kilomètres à l’est comme à l’ouest des quatre premiers forages. Et rappelons que le potentiel de deux autres corridors – Nasigon et Hispana – pourrait être démontré dans les mois et années à venir.

Les avantages du Projet Mitchi

D’après Kiril Mugerman, président de Kintavar Exploration, et Alain Cayer, géologue et vice-président Exploration, le Projet Mitchi dispose de plusieurs avantages techniques, politiques et géologiques comparativement aux autres projets miniers de cuivre ailleurs dans le monde.

D’abord, sur le plan technique, les infrastructures routières et électriques sont déjà en place. L’entreprise explique que le Projet Mitchi, contrairement à bien d’autres projets d’exploration minière, est déjà «accessible par un réseau bien développé de routes forestières et [qu’une] sous-station hydro-électrique est localisée à 14 km à l’est».

Aussi, les entrepreneurs miniers ont fait valoir que le climat politique et économique du Québec (système démocratique, faible taux d’imposition des entreprises minières, respect des lois, etc.) est plus «stable» que bien d’autres, ce qui pourrait rassurer les potentiels investisseurs étrangers dans les prochaines étapes du projet.

Finalement, le cuivre présent dans le sol des Hautes-Laurentides est qualifié de cuivre stratiforme, mais on le retrouve ici sous une forme unique comparativement aux autres gisements actuellement en exploitation en Amérique du Nord, en Afrique, en Europe et en Asie.

«La plupart des gisements [de cuivre stratiforme] sur la planète sont rectilignes», rapporte M. Cayer, c’est-à-dire qu’en temps normal, on le retrouve dans des gisements souterrains, profonds, plats et étroits. Or «l’avantage qu’on a [dans la région] c’est que cette même couche […] s’est fait prendre dans une collision entre deux continents [avant] la formation de la chaîne de montagnes des Laurentides», ce qui a eu pour effet de «plisser à plusieurs reprises» la couche de cuivre.

Autre avantage du sol: on retrouve la minéralisation de cuivre plus près de la surface que dans les autres gisements, où l’on doit parfois creuser des centaines voire même des milliers de mètres pour atteindre le minerai. Cela permet aux promoteurs d’envisager l’option de la mine à ciel ouvert, fort moins couteuse.

Bref, les infrastructures qui sont déjà en place, la concentration de cuivre stratifié qui est plus élevée puisque plissé et l’option de la mine à ciel ouvert qui est toujours sur la table sont autant d’avantages concurrentiels qui, advenant qu’on y construise une mine, rendraient le Projet Mitchi plus rentable.

Une cinquantaine d’emplois à l’été 2018

Les effectifs de Kintavar prendront de l’ampleur dans les prochains mois. S’ils n’étaient qu’une quinzaine à travailler sur le Projet Mitchi à l’hiver 2017-2018, ils devraient être une cinquantaine cet été.

Des élèves du Centre de formation professionnelle (CFP) ont questionné les dirigeants de Kintavar pour savoir quels types de professionnels ils recherchaient. Les travailleurs forestiers à la recherche d’emplois seront heureux d’apprendre que, pour la majorité des nouveaux postes, aucune formation minière ne sera requise. En fait, M. Cayer soutient que «généralement on va former la personne sur le terrain» pour qu’elle développe des réflexes d’employé minier.

Les candidats devront toutefois détenir une formation en abattage d’arbre, une formation en secourisme et un permis de conduire un VTT. Kintavar devrait également embaucher des géologues additionnels, mais comme on en trouve peu dans les Laurentides, ceux-ci devraient provenir de l’extérieur de la région.

Finalement, Kintavar fera également appel aux services d’entrepreneurs en construction pour effectuer quelques travaux de mise à niveau sur les routes et ponceaux forestiers ainsi qu’à ceux de mécaniciens afin d’entretenir les nombreux moteurs des scies, véhicules et autres équipements.

Pour ce qui est des salaires, M. Cayer évoquait le montant de «150$ par jour environ pour quelqu’un qui n’a pas d’expérience». Le nombre d’employés pourrait d’ailleurs croitre de nouveau cet hiver puisque dans le domaine minier «ça peut aller très, très vite», d’après M. Cayer.

Les prochaines étapes

Les travaux s’intensifieront cet été sur le site du Projet Mitchi. De nouveaux forages seront faits dans le corridor Sherlock & Watson et on sortira les premières carottes du sol du Corridor Nasigon. Plusieurs autres travaux seront également faits dans un ou plusieurs de ces trois corridors (levés de sol, cartographie des anomalies de sols, etc.).

Le 23 février, MM. Mugerman et Cayer ont répété l’exercice dans les locaux du CLD d’Antoine-Labelle, cette fois devant quelques élus et fonctionnaires de la région. Du nombre, on retrouvait notamment Daniel Bourdon, maire de Mont-Laurier, Maxim Raymond, directrice générale de la Chambre de commerce, Benoît Cochet, directeur général de la Société d’aide au développement des collectivités (SADC) d’Antoine-Labelle, Stéphane Gauthier, directeur général de Zone Emploi d’Antoine-Labelle, Normand Bélanger, président de la Commission scolaire Pierre-Neveu (CSPN) et Pierre Bohémier, directeur adjoint du Centre de formation professionnelle (CFP) de Mont-Laurier (photo: Alexandre Dubé – Le Courant des Hautes-Laurentides).

«Le potentiel du secteur Sherlock & Watson de contenir un gisement [de cuivre], mais aussi de tout le bassin sédimentaire, de plus de 20 km de long, entre les secteurs Sherlock et Nasigon, est maintenant clair et des plus prometteurs.»

- Alain Cayer, vice-président Exploration de Kintavar Exploration Inc.

«Nous on pense qu’on va être capable de démontrer que ce n’est pas juste le projet Sherlock & Watson qui va être une mine. Notre objectif c’est de démontrer que dans tout le bassin sédimentaire qu’on a, de 25 km, on a plusieurs “targets”. Si on peut démontrer ça, ça ne devient pas un projet minier, ça devient un camp minier, ça devient un district minier.»

- Kiril Mugerman, président de Kintavar Exploration Inc.

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Alexandre Dubé , Journaliste

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