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26 janvier 2018

Mont-Laurier

L’année 2018 sera « assez mouvementée », dit Daniel Bourdon

Simon Dominé , Rédacteur en chef

Daniel Bourdon, maire de Mont-Laurier (photo : archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Daniel Bourdon, maire de Mont-Laurier (photo : archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Voilà maintenant trois mois que Daniel Bourdon et son équipe ont pris les rênes de Mont-Laurier. Le nouveau locataire des Moniales Bénédictines ne s’en cache pas : 2018 sera une année « assez mouvementée », car il arrive avec de nouvelles idées et une manière bien à lui d’incarner la fonction de premier magistrat.

L’année 2018 risque fort d’être une étape charnière dans l’histoire de Mont-Laurier. En effet, après 14 ans à la tête de la capitale des Hautes-Laurentides, le maire Michel Adrien et le directeur général Jean-Yves Forget (tous deux en poste depuis 2003) ont respectivement cédé la place à Daniel Bourdon et à François Leduc. Plusieurs fonctionnaires municipaux ont également plié bagage dans leur sillage et le conseil municipal, profondément rajeuni et renouvelé, affiche une cohésion dont l’équipe Adrien ne pouvait plus se prévaloir.

« Je pense que chacun a sa façon de travailler et d’administrer, fait valoir M. Bourdon. C’est certain qu’on travaille différemment, alors il faut que les gens s’adaptent. Ça s’en vient tranquillement. On met nos méthodes en place. » Il semble d’ailleurs s’entendre à merveille avec le nouveau directeur général qu’il louange pour s’être investi corps et âme depuis sa nomination en septembre dernier.

« Moi je trouve ça intéressant que ce ne soit pas quelqu’un qui vienne du domaine municipal, fait remarquer M. Bourdon. Il pose des questions que d’autres n’auraient pas posées parce qu’ils sont habitués à fonctionner ainsi. »

Des défis collectifs et personnels

L’équipe Bourdon, élue sans opposition, va jouer sa crédibilité sur les quatre aspects qui ont marqué sa campagne électorale : le leadership, l’innovation, l’écoute et la transparence.

Le maire Bourdon devra par ailleurs démontrer que sa décision controversée de demeurer courtier immobilier n’aura aucune incidence sur son intégrité, son indépendance et sa compétence.

De plus, avec M. Éthier et son ancienne collègue Lise Clément, M. Bourdon doit s’attendre à se faire poursuivre en justice par l’ancien conseiller municipal Frank Crépeau, qui, suite à leurs démarches, avait fait l’objet d’une enquête en éthique et déontologie de la part de la Commission municipale du Québec (CMQ). Rappelons que le 27 novembre 2017, la CMQ a conclu que rien ne démontrait que M. Crépeau avait enfreint son code d’éthique et de déontologie.

Économie : de la parole aux actes

Issu du monde des affaires et engagé depuis longtemps dans la vie publique de sa communauté, Daniel Bourdon veut faire du développement économique de Mont-Laurier une priorité.

Il a déjà commencé à rencontrer des gens d’affaires sur une base hebdomadaire, afin d’accompagner au mieux ceux qui ont le projet de s’implanter à Mont-Laurier ou de faire croître leurs entreprises déjà en opération sur le territoire.

« Ça fait quelques personnes que je rencontre qui veulent investir à Mont-Laurier », affirme le maire, sans vouloir donner plus de détails pour le moment.

Lui qui a longtemps caressé l’idée de recruter un agent de développement économique spécifiquement à l’emploi de la Ville, semble aujourd’hui s’en remettre au Centre local de développement (CLD) d’Antoine-Labelle. Mais toujours en s’assurant d’être mis au courant dès qu’un entrepreneur a un projet à Mont-Laurier. « Les entrepreneurs qui vont vouloir venir s’établir à Mont-Laurier, je veux qu’on les accompagne », lance-t-il.

En collaboration avec le directeur général il veillera à ce que ceux qui doivent passer par le service de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme de la Ville de Mont-Laurier soient bien accompagnés. « Sans avoir le détail – parce qu’il y a des informations que je n’ai pas à savoir – moi je veux être au courant du début à la fin », prévient-il.

Il fixera « des délais » et s’assurera que les fonctionnaires municipaux du service soient « en mode solution ». Le maire s’explique : « Dès qu’on tombe dans le résidentiel et le commercial, c’est un peu plus complexe. Quand on a une entreprise qui veut s’établir, qui veut créer des emplois, je pense qu’on devrait s’assurer qu’il y a un suivi ».

Grâce aux services d’un démarcheur payé en collaboration avec le CLD et la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC), il compte d’ailleurs trouver dès cette année un premier investisseur pour le nouveau parc industriel de Mont-Laurier.

CLD : avoir « une autre dynamique »

S’il souhaite si ardemment faire la différence au niveau économique, pourquoi alors ne s’être pas présenté à la succession de Michel Adrien en tant que président du CLD, l’outil de développement économique au service des municipalités dont Mont-Laurier est le principal bailleur de fonds? « J’ai discuté avec les maires qui siègent au CLD, je leur ai manifesté le fait que ce serait peut-être intéressant d’avoir du changement, d’avoir des gens de la société civile, des gens qui sont non élus, ça ferait une autre dynamique, explique le maire Bourdon. Parce que dans beaucoup de comités, ce sont des élus de la MRC qui siègent. Alors je trouvais important d’avoir quelqu’un de l’externe, qui n’est pas un élu, qui arrive avec une vision complètement différente et moi, c’est la vision que je veux donner au niveau du CLD. J’ai amplement de comités sur lesquels je siège. Par contre, je suis là sur le conseil d’administration du CLD, alors j’ai mon mot à dire. »

C’est lui qui a proposé le nom de Stéphane Gauthier, qui est directeur général de Zone Emploi. « On sait que Stéphane Gauthier, c’est un gars qui a l’esprit régional (…). Pour moi, c’était bien important parce que dans notre MRC, il y a le secteur de la Rouge qui a ses particularités et on a les nôtres. Alors ça prenait quelqu’un qui avait une vision régionale. »

Infrastructures, boulevard, VTT : les autres dossiers

Malgré le fait que la réfection du centre-ville (un projet initial de 12 millions de dollars), de la piscine (un projet de 3,4 millions de dollars) et de la bibliothèque (un projet de 1 495 000$), soit également à l’ordre du jour, M. Bourdon soutient que son équipe va y aller « de façon très, très prudente », pour s’assurer de ne pas dépasser les coûts prévus, « quitte à couper » si nécessaire.

Autre dossier majeur à l’agenda du maire : s’attaquer à la fluidité sur le boulevard Albiny-Paquette et à ses feux de circulation « les plus désuets des Laurentides ». M. Bourdon compte rencontrer dès que possible le ministère des Transports du Québec à ce sujet. « On va taper sur le clou pour que ce problème-là soit amoindri, assure-t-il. On ne pourra pas l’éliminer complètement, mais au moins l’amoindrir. »

Enfin, il souhaite faire en sorte que les VTT puissent traverser le boulevard sans risquer d’être verbalisés par les agents de la Sûreté du Québec et rallier les motels de la ville grâce à un parcours urbain réglementé et signalisé.

« On n’est pas à Montréal sur la rue Sainte-Catherine, estime M. Bourdon. On est dans un centre de plein-air, dans une région où les gens vivent, entre autres, de VTT et de motoneiges. Vous arrivez de l’extérieur, vous n’avez pas le droit de traverser les rues et en plus de ça, si vous le faites c’est à vos risques et périls et vous vous retrouvez avec une contravention. Je pense que l’image de la région et de la ville, c’est pas très, très accueillant. Ça fait partie de notre économie. Faut pas se fermer les yeux. On travaille avec la Fédération Québécoise des Clubs Quad pour trouver une solution qui va faire l’affaire de tout le monde. »

« C’est certain qu’on travaille différemment, alors il faut que les gens s’adaptent. Ça s’en vient tranquillement., On met nos méthodes en place. » - Daniel Bourdon, maire de Mont-Laurier

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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