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18 janvier 2018

« Les régions aux commandes » en 2018 ?

Sylvain Pagé dénonce « une série de clichés préélectoraux »

Le député de Labelle, Sylvain Pagé, a démoli point par point la « véritable révolution » annoncée le 12 janvier par les libéraux au profit des régions.

Simon Dominé , Rédacteur en chef

Le député de Labelle, Sylvain Pagé, a ironisé sur « le nouveau Québec » promis par le ministre Martin Coiteux, dans lequel « les régions sont aux commandes », en rappelant combien ces dernières avaient souffert depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Couillard (photo : archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Le député de Labelle, Sylvain Pagé, a ironisé sur « le nouveau Québec » promis par le ministre Martin Coiteux, dans lequel « les régions sont aux commandes », en rappelant combien ces dernières avaient souffert depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Couillard (photo : archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Si le gouvernement Couillard promet que « Dans le nouveau Québec, les régions sont aux commandes », M. Pagé pense quant à lui qu’il ne s’agit que d’« une série de clichés préélectoraux » destinés à faire oublier aux Québécois la brutalité dont les libéraux ont fait preuve à l’égard des régions depuis 2014.

Émis par l’attachée de presse de Martin Coiteux – ministre montréalais en charge des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire – le communiqué de presse annonçant « la plus grande décentralisation des pouvoirs de l’histoire municipale du Québec » ne convainc par M. Pagé. 

Avec sa « Stratégie gouvernementale pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires 2018-2022 », M. Coiteux vante « un véritable changement de culture » et assure que « Désormais, les décisions se prendront du haut vers le bas ». 

Le député de Labelle considère plutôt que le gouvernement « au service des régions » qu’on promet aux Québécois, c’est « de la tarte aux pommes ».

« Moi je suis resté tellement sur mon appétit quand j’ai lu le communiqué, a déclaré M. Pagé. J’ai dit : “bon ben là on est plus dans la promotion électorale que dans la réalisation régionale”. »

Prenant l’exemple du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides, le député a rappelé que depuis sa création en 2015 par le ministre Gaétan Barrette, « Pour changer une poignée de porte ici, faut appeler à Saint-Jérôme ». M. Pagé estime que « C’est totalement aberrant, ça n’a pas de bon sens » et que « Ça prend un minimum de pouvoir décisionnel local ».

Cinq priorités dans les Laurentides

Avec cette stratégie 2018-2022, le ministre Coiteux estime mettre sur pied « une véritable révolution » et explique qu’après la tournée de consultation qu’il a menée en 2017 à travers le Québec, les élus municipaux de chaque région administrative ont formé des comités directeurs chargés d’établir eux-mêmes les priorités locales. M. Coiteux avertit qu’à compter de 2018, le gouvernement Couillard adaptera ses actions et ses programmes afin d’y répondre.

Dans les Laurentides, cinq priorités sont ainsi listées, sans que l’on ne prenne la peine de mentionner la composition du comité directeur qui les a établies : assurer la compétitivité économique des Laurentides (1) ; valoriser les éléments distinctifs des Laurentides afin d’en rehausser le pouvoir d’attractivité et la fierté de ses citoyens (2) ; offrir à chaque citoyen un continuum de services publics et communautaires équitables (3) ; encourager l’occupation dynamique et la gestion équilibrée du territoire (4) ; optimiser les mobilités des individus et des marchandises (5).

« On repart à zéro »

« Dans les fonds de développement régional, il y avait, avant 2014, pour 180 millions de dollars et ils ont coupé 40 % des budgets, rétorque M. Pagé. Alors aujourd’hui on nous annonce des petits fonds, mais quand on regarde au total on est largement déficitaire. » 

Il rappelle qu’avant son abolition en 2015 par un gouvernement obnubilé par le déficit zéro, la Conférence régionales des élus (CRÉ) des Laurentides s’occupait déjà de faire du développement régional.

« Il y avait Solidarité rurale, ils l’ont aboli, ça n’existe plus, ajoute le député. La ruralité, c’est en région que ça se passe. Ils ont même fait sauter le R dans la MAMROT (ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation des territoires). Maintenant, ça s’appelle le MAMOT, parce que toute la notion régionale a été abolie. Les Centre locaux de développement (CLD) ont été coupés de 40 %. Alors aujourd’hui on nous fait des annonces et c’est comme si on oubliait que tout cela a été fait. On veut tellement réinventer la roue en ayant tout aboli qu’aujourd’hui on repart à zéro, mais avec bien peu de moyens à comparer avec ce qu’on avait déjà mis en place. »

S’il s’est dit « d’accord » avec les « beaux » principes énoncés dans la stratégie du gouvernement, M. Pagé n’en a pas moins rappelé que cela fait maintenant quatre ans que les libéraux de Philippe Couillard auraient pu agir de manière significative pour aider les régions : « Comment se fait-il qu’après quatre ans ils arrivent avec des principes et des stratégies, quand on aurait pu, dès 2015, arriver avec des actions ? Aujourd’hui, on est dans les stratégies, dans les principes, mais où est le plan d’action » ?

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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