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8 janvier 2018

Portrait de la diplomation dans la MRC d’Antoine-Labelle

Moins d’universitaires, mais plus de diplômés d’écoles de métiers

Alexandre Dubé , Journaliste

Dans l’ensemble, les résidents de la MRC d’Antoine-Labelle semblent davantage opter pour la formation professionnelle que le reste des Québécois (photo : Pexels.com).
Dans l’ensemble, les résidents de la MRC d’Antoine-Labelle semblent davantage opter pour la formation professionnelle que le reste des Québécois (photo : Pexels.com).

Selon les dernières données du recensement canadien de 2016 de Statistique Canada, on compterait dans la MRC d’Antoine-Labelle deux fois moins de bacheliers, près de quatre fois moins de maîtres et plus de cinq fois moins de doctorants que la moyenne québécoise. Les résidents des Hautes-Laurentides seraient plutôt portés à se tourner vers les écoles de métiers pour compléter leur formation.

La statistique qui nous intéresse ici est celle du plus haut certificat, diplôme ou grade obtenu pour la population âgée de 15 ans et plus dans la MRC d’Antoine-Labelle. À noter que, pour l’ensemble de cet article, le terme « population » désignera la population de 15 ans et plus.

Dans les Hautes-Laurentides, on dénombre 1 890 bacheliers, soit 6,39 % de la population, alors que pour l’ensemble du Québec on en recense deux fois plus, soit 13,14 %.

L’écart se creuse encore davantage lorsqu’on s’intéresse aux diplômés universitaires de deuxième et de troisième cycle. Avec 325 maîtres, la MRC d’Antoine-Labelle en compterait presque quatre fois moins que la moyenne québécoise (1,1 % contre 4,2 %). Les quelques 40 doctorants des Hautes-Laurentides seraient quant à eux 5,4 fois moins nombreux que dans le reste de la Belle Province (0,14 % contre 0,76 %).

8 % plus de diplômés d’écoles de métiers

Si on dénombre moins d’universitaires dans la MRC d’Antoine-Labelle, c’est tout le contraire pour ce qui est de la formation professionnelle. En effet, le quart de la population (25,08 %) détiendrait un certificat ou un diplôme d’apprenti d’une école de métiers tandis que, pour le Québec dans son ensemble, on n’en recenserait que 16,89 %.

Stéphane Gauthier, directeur général de Zone Emploi d’Antoine-Labelle, président du Centre local de développement (CLD) d’Antoine-Labelle et président de la Fondation du Centre collégial de Mont-Laurier, croit que cette tendance s’explique notamment par les besoins de main-d’œuvre des entreprises de la région.

« Lorsque l’on classe les emplois dans la MRC par genre de compétence, on remarque qu’une proportion assez importante se situe dans les classifications “métiers, transport et machinerie” et “secteur primaire”, explique-t-il. Donc les employeurs recherchent des gens possédant ce type de diplôme. »

Il ajoute que « nous avons également un Centre de formation professionnelle qui est très présent sur le territoire », ce qui pourrait, selon lui, aussi expliquer en partie pourquoi autant de personnes décident d’y étudier.

Près du tiers des résidents d’Antoine-Labelle sont sans diplôme

À l’échelle provinciale, environ 20 % des Québécois n’ont décroché aucun diplôme. Or, dans la MRC d’Antoine-Labelle, Statistique Canada recensait 9 110 non-diplômés, soit 30 % de la population, un retard de 10 % par rapport à la province.

« Le fait que, dans un passé pas si lointain, les jeunes n’avaient pas nécessairement à poursuivre leurs études afin d’accéder à des emplois assez lucratifs sur le territoire peut être responsable de cette statistique peu enviable, explique M. Gauthier. Il n’y a pas une culture de formation continue d’implantée dans notre milieu, mais maintenant, avec les emplois qui exigent davantage de connaissances et de formations, on n’aura pas le choix de suivre si on veut compter sur un marché du travail dynamique. »

Lorsqu’on ajoute les quelque 5 925 personnes ayant obtenu un diplôme d’études secondaires à ces 9 110 non-diplômés, on constate que moins de 50 % de la population de la MRC d’Antoine-Labelle détient un diplôme, un certificat ou une attestation d’études postsecondaires.

Stéphane Gauthier a tout de même foi en l’avenir : « J’ai souvent vu des études qui mentionnent que la présence de centres de formation postsecondaire (collégial et universitaire) à proximité du lieu de résidence favorise la poursuite des études. Le Centre collégial de Mont-Laurier est présent depuis seulement 30 ans sur le territoire et l’UQAT depuis une dizaine d’années. Je crois que la présence de ces deux institutions devrait nous permettre d’améliorer cette statistique tranquillement. »

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Alexandre Dubé , Journaliste

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