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24 août 2017

Festival international de Théâtre de Mont-Laurier

S’ouvrir au monde

Outre le Québec, pour la 8e édition du Festival International de Théâtre de Mont-Laurier présentée du 7 au 13 septembre prochain, Double Défi et ses collaborateurs accueilleront 25 troupes en provenance de 19 pays différents. De l’Argentine au Bangladesh, du Maroc à la Slovaquie en passant par l’Égypte et la Burkina Faso, comment s’organisent-ils sur le terrain? Rencontre avec ces bénévoles clés: les parrains.

Benoit Ricard , Journaliste-pigiste

Dans cette ambiance de xénophobie planétaire, la 8e édition du Festival International de Théâtre de Mont-Laurier arrive à point pour changer le ton et faire de ces prochaines rencontres, un exemple d’humanisme et d’ouverture sur l’autre (photo : archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Dans cette ambiance de xénophobie planétaire, la 8e édition du Festival International de Théâtre de Mont-Laurier arrive à point pour changer le ton et faire de ces prochaines rencontres, un exemple d’humanisme et d’ouverture sur l’autre (photo : archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Organiser de quatre à cinq spectacles de théâtre amateur par jours, ça demande un changement d’équipes techniques, de décors, de son et d’accessoires autant de fois. En français, en anglais et à la limite en espagnol, l’échange d’information peut se faire assez efficacement. Qu’en est-il lorsque la troupe parle le polonais, le russe, le roumain ou le portugais?

Communication efficace

« Le rôle des parrains est de faire en sorte que les troupes arrivent bel et bien à leurs salles à la bonne heure, avec les bons équipements, qu’ils soient à l’aise sur le site du festival et qu’ils puissent se repérer dans Mont-Laurier au niveau des services de base comme les pharmacies, épiceries, restaurants et l’hébergement, explique Claude Boisvert qui en sera à sa 7e expérience de parrain cette année. Parfois, ils arrivent avec un traducteur mais en général, ils ont une personne désignée qui parle l’anglais. Notre mission est d’être un intermédiaire efficace, d’organiser les rendez-vous techniques, de vérifier leurs listes, de faire en sorte que ça roule. Au-delà des aspects techniques et pratiques, je crois que les parrains doivent se considérer chanceux de pouvoir vivre ces rencontres magiques, de pouvoir voyager à la maison. »

Ambassadeurs

« Comme toutes les demandes passent par nous, il se crée rapidement un lien de dépendance, ajoute Claude. Dès la première rencontre, mon rôle est de les mettre en confiance et de veiller à leur confort mais également de leur présenter ma région, de leur transmettre pourquoi je suis heureux de vivre ici. Mais vous savez, ces acteurs amateurs se sont donnés les outils pour traverser la planète et venir présenter leurs pièces. Ils arrivent donc très motivés, ouverts d’esprit, pleins d’énergie, prêts à vouloir passer du bon temps et à découvrir. Je suis donc, en tant que parrain, un ambassadeur de notre région mais en fait, tous les citoyens le sont aussi à chaque fois qu’ils croisent l’une de ces troupes. Bien entendu, j’invite les gens à venir assister aux pièces mais surtout à passer par-dessus leur gêne et à se mêler à nous sur le site. »

Avec les années et l’expansion des réseaux sociaux, le festival a grandement gagné en visibilité. Près de 130 demandes de partout dans le monde ont été reçues cette année explique Marie-Claude Doré de Double-Défi : « c’est un beau phénomène. De ce que l’on sait, ce festival est le seul festival de théâtre amateur francophone au pays et rien ne s’y compare assurément au Québec. »

Anecdotes à profusion

Si l’hébergement est pris en charge par les infrastructures de la ville, en revanche, les parrains vont toujours plus loin dans l’aventure en organisant, par exemple, des soupers ou encore des excursions touristiques. « J’ai des souvenirs extraordinaires du passage de certaines troupes, termine Claude, curieux de découvrir la les Allemands qui lui ont été assignés cette année. De voir des Syriens, ces hommes du désert, découvrir la navigation ou encore de pique-niquer sur la Montagne du Diable avec des Lituaniens qui te chantent des berceuses au coucher du soleil, ça crée des liens d’amitiés profonds. »

Dans cette ambiance de xénophobie planétaire, la 8e édition du Festival International de Théâtre de Mont-Laurier arrive à point pour changer le ton et faire de ces prochaines rencontres, un exemple d’humanisme et d’ouverture sur l’autre. Parrains ou pas, ce festival nous rappelle que nous sommes tous des ambassadeurs des Hautes-Laurentides.

« De voir des Syriens, ces hommes du désert, découvrir la navigation ou encore de pique-niquer sur la Montagne du Diable avec des Lituaniens qui te chantent des berceuses au coucher du soleil, ça crée des liens d’amitiés profonds » - Claude Boisvert

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Benoit Ricard , Journaliste-pigiste

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