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11 août 2017

Loisirs

Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles passe à l’offensive

Le village de Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles aura une patinoire multifonctionnelle flambant neuve dès cet hiver, grâce à l’aide de Québec et d’Ottawa. Du pain béni pour cette petite communauté voisine de Mont-Laurier, qui, malgré l’impression de morosité qu’elle dégage parfois, connaît pourtant une hausse démographique.

Simon Dominé , Rédacteur en chef

Les dernières nouvelles sont plutôt bonnes à Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles : en plus d’afficher une croissance démographique entre 2011 et 2016, le village dirigé par Pierre-Paul Goyette (au centre sur la photo) va pouvoir compter dès cet hiver sur une toute nouvelle patinoire grâce à l’aide d’Ottawa et de Québec, représentés sur la photo par le député David Graham (à gauche) et le député Sylvain Pagé (à droite). Photo : Simon Dominé – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Les dernières nouvelles sont plutôt bonnes à Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles : en plus d’afficher une croissance démographique entre 2011 et 2016, le village dirigé par Pierre-Paul Goyette (au centre sur la photo) va pouvoir compter dès cet hiver sur une toute nouvelle patinoire grâce à l’aide d’Ottawa et de Québec, représentés sur la photo par le député David Graham (à gauche) et le député Sylvain Pagé (à droite). Photo : Simon Dominé – Le Courant des Hautes-Laurentides).

On le sait, avec l’accélération marquée du vieillissement de la population dans la MRC d’Antoine-Labelle, Mont-Laurier renforce son statut de capitale des Hautes-Laurentides, où se concentrent l’emploi et les services et, ce faisant, la population. En effet, sur les 35 243 résidents que comptait la MRC d’Antoine-Labelle en 2016, 14 116 habitaient à Mont-Laurier (en hausse de 2,4% par rapport à 2011).

Mais avec les villages voisins de Lac-des-Écorces, de Ferme-Neuve et de Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles, c’est en fait pas moins de 20 346 personnes qui se concentrent au niveau de ce carrefour névralgique entre les Laurentides, l’Abitibi-Témiscamingue et l’Outaouais. La lutte est donc chaude entre les trois villages, situés chacun à plus ou moins 15 minutes de route du centre-ville de Mont-Laurier, pour retenir et attirer les jeunes, les familles ainsi que les travailleurs.

Trois bonnes nouvelles d’un coup

Le 9 août dernier, l’ancien maire de Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles, François Desjardins, espérait que son village en aurait bientôt fini avec les pages qui se tournent, pour écrire un nouveau livre. Il faisait référence à l’incendie de l’école (jamais reconstruite), à la fermeture d’Uniboard et de la station de ski du Mont-Daniel, à celle – projetée – de la mine Imerys où travaillent 80 personnes, mais aussi à la décision du diocèse de Mont-Laurier de réduire l’église locale à l’état profane.

Il semble avoir été entendu, puisque Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles a reçu coup sur coup trois bonnes nouvelles : d’abord, selon les chiffres compilés par Statistiques Canada lors du recensement 2016, la population a augmenté de 1,5%, passant de 778 résidents en 2011 à 790 actuellement. Alors que la majorité des villages des Hautes-Laurentides voient les catégories d’âge 0-19 ans et 20-39 ans décroître, ces dernières ont augmenté respectivement de 7,1% et 14,3% en cinq ans à Saint-Aimé-du-Lac-des-îles, même si l’on constate pour la même période une chute très marquée des 40-59 ans (- 19,3%).

Les deux autres bonnes nouvelles ont été officialisées le 8 août : les gouvernements du Québec et du Canada ont accepté de participer financièrement à la construction d’une toute nouvelle patinoire multifonctionnelle, alors que le Centre local de développement (CLD) d’Antoine-Labelle a débloqué lui aussi de l’argent pour aider la Municipalité à acquérir de nouveaux jeux d’eau.

Une patinoire qui a plus d’un tour dans son sac

Ainsi, Ottawa, Québec et Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles se partageront à parts égales la facture de 301 694,69$ pour doter la municipalité d’une patinoire neuve et le CLD contribuera à hauteur de 20 000$ dans le projet de 37 109,81$ visant à installer quatre nouveaux modules de jeux dans le Parc des Anges.

Construite à l’aube de l’an 2000, la patinoire actuelle est complètement désuète, dangereuse et pour reprendre les mots du député de Labelle, Sylvain Pagé, « pas jolie ». La Municipalité avait déjà présenté des demandes d’aide financière par le passé, mais a dû faire preuve de ténacité pour obtenir gain de cause. Les matériaux qui seront utilisés ont une durée de vie de 50 ans et l’éclairage prévu consommera moins d’énergie. Dans son plaidoyer auprès de Québec et d’Ottawa, le conseil municipal rappelait que la patinoire était l’infrastructure la plus utilisée par les enfants et les adolescents. Véritable « colonne vertébrale » du village au niveau sportif, cette installation donne par ailleurs de l’emploi à deux personnes entre les mois de décembre et de mars.

Mais la nouvelle patinoire réserve plus d’une surprise aux gens : en effet, elle pourra être convertie en terrain de pétanque, de tennis de badminton et de volleyball pendant la saison estivale. Sans compter que le conseil municipal réfléchit à la possibilité d’aménager un terrain de soccer pour bonifier encore plus l’offre de services aux familles.

« On veut des saines habitudes de vie »

Lors d’une visite il y a deux ans, le député Pagé avait d’ailleurs été impressionné par le nombre de personnes réunies sur la glace municipale, bâton de hockey en main et patins au pied. « J’ai trouvé ça assez exceptionnel, a-t-il témoigné. Ça me rappelait notre enfance quand tout ce qu’on avait, c’était des patinoires et on était tous dehors à jouer dessus. (…). Il faisait très froid et (…) tout ce qu’on entendait, c’était les bruits sur la bande, les gens qui jouaient au hockey, des jeunes, des moins jeunes, des gens de tous les âges et c’est justement ce que l’on veut faire. »Il a ainsi salué l’action du conseil municipal : « On dit qu’on veut une nation en forme, on veut des saines habitudes de vie, alors votre projet monsieur le maire et membres du conseil municipal, remplit exactement cette mission. Parce que dans une municipalité, oui, on peut s’occuper de ramasser les vidanges et de gérer les taxes municipales, mais on peut aussi offrir des loisirs pour les familles ».

Un atout majeur pour les familles

En ce qui concerne les jeux d’eau, la Municipalité ne souhaitait pas « réinventer un concept qui fonctionne bien » et a donc commandé des modules de jeux similaires à ceux qui ont été installés récemment à Ferme-Neuve (le Parapluie, le Tunnel, la Tortue et les Chaudières). Elle sera la seule du genre dans un rayon de 40 km et le conseil municipal pense qu’il s’agira d’« un atout majeur pour les familles, souvent à faible revenus ». L’agente de développement rural au CLD qui s’est déplacée le 8 août pour annoncer la bonne nouvelle, Annie Mathieu, a elle aussi félicité le conseil municipal. « Il y a de plus en plus de familles qui s’installent et je pense que la Municipalité, elle répond bien en faisant des projets de plus en plus et en offrant des infrastructures soit sportives ou de loisirs, a-t-elle déclaré. Je pense que c’est hyper important pour garder cette vitalité-là au niveau de la démographie. »

« Dans une municipalité, oui, on peut s’occuper de ramasser les vidanges et de gérer les taxes municipales, mais on peut aussi offrir des loisirs pour les familles » - Sylvain Pagé

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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