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11 juillet 2017

Presque deux ans après avoir frôlé la mort

L’agent Guillaume Bernier est de retour au boulot

Le 18 août 2015, le patrouilleur Guillaume Bernier a vécu les secondes les plus effroyables de sa vie lorsque sa camionnette a heurté de plein fouet une semi-remorque de 53 pieds sur la route 117. Mais dès le lendemain, il se souvient de son sourire fendu jusqu’aux oreilles: «J’étais tellement content d’être en vie; ça ne pouvait que bien aller.»

Murielle Yockell , Journaliste-pigiste

«Pour moi, être policier, c’est avant tout d’aider les gens et de réduire la détresse humaine», indique le patrouilleur de la Sûreté du Québec, Guillaume Bernier (photos: gracieuseté SQ).
«Pour moi, être policier, c’est avant tout d’aider les gens et de réduire la détresse humaine», indique le patrouilleur de la Sûreté du Québec, Guillaume Bernier (photos: gracieuseté SQ).

Patrouilleur depuis 7 ans à la Sûreté du Québec et après un retour progressif au travail, Guillaume Bernier a récemment reçu son ok pour reprendre du service à temps plein pour son plus grand bonheur. Ce retour presque inespéré a touché plusieurs de ses collègues, rapportent ses supérieurs du poste de la MRC de La Vallée-de-la-Gatineau.

Armé de positivisme, de détermination et de persévérance, le patrouilleur s’est remis d’une trentaine de fractures concentrées aux extrémités de ses bras et de ses jambes. Il a passé trois mois d’hospitalisation et plus de trois mois en réadaptation à braver la douleur pour retrouver son autonomie. Malgré les pronostics, un an jour pour jour après l’événement, il a couru 2 km, puis un 8 km encore plus récemment.

Les circonstances

La veille de son arrestation, Robert De L’Étoile était suspecté de tentative de séquestration armée contre une camionneuse. Terré dans un chalet près de la réserve faunique, il s’était rendu après une quarantaine de minutes de négociation avec l’agent Bernier. Déjà en bris de condition pour un méfait commis dans une autre région, il ne voulait pas retourner en prison. Il semblait en détresse, épuisé de sa journée de fuite et repentant de son crime commis la veille, rapporte Guillaume Bernier.

Le policier Bernier et son collègue Keven Laplante se rendaient au poste de la SQ de Mont-Laurier pour le remettre aux enquêteurs des crimes majeurs qui devaient l’interroger. Les mains menottées dans le dos, le suspect se plaignait d’avoir mal aux épaules. Le trajet comportait 2 heures de route sur un chemin forestier cahoteux. Comme il était jusque-là très coopératif, les policiers conviennent de lui menotter les mains à l’avant.

Sur la route 117, le suspect devient alors plus agité. À hauteur de Grands-Remous, il détache sa ceinture et s’empare brusquement du volant au moment où, en sens inverse, arrive un camion semi-remorque. Selon la boîte noire du véhicule de la SQ, entre le changement de direction brusque vers la gauche (causé par le suspect) puis un autre changement vers la droite (effectué par le policier), il s’est écoulé 0,9 seconde avant l’impact.

Deux longues secondes

La dernière chose qu’il voit ce sont les phares du camion venant tout droit vers lui. Guillaume se fait à l’idée de mourir, mais il avait déjà bon espoir que son collègue survivrait à l’impact. «C’est le noir total avec un bruit de ferraille indescriptible». Éjecté du véhicule, mais les pieds restés coincés sous les pédales, ce dernier planait dans les airs pendant que son véhicule effectuait des spirales sur la route avant de s’immobiliser deux secondes plus tard.

Le policier se retrouve étendu sur une pôle de métal à proximité de son véhicule. Encore conscient, il a réalisé l’ampleur de ses blessures et des dommages du véhicule grâce à ceux du véhicule qui les suivait et qui était parvenu à s’arrêter in extremis à quelques mètres de lui. L’avant était complètement écrasé, le côté conducteur complètement arraché et, nul ne sait comment, la ceinture de sécurité était sectionnée. «Je suis en vie, c’était la première bonne nouvelle». Puis la douleur est arrivée. Son collègue ainsi que le suspect s’en étaient sortis avec des blessures légères.

Son métier: une passion

Issu d’un milieu défavorisé et après avoir vu sa mère trimer dur pour élever seule ses enfants, Guillaume connaît bien ce milieu et la pauvreté qui l’accompagne. Si les gens voyaient tout le côté humain que les policiers apportent aux gens dépendamment des interventions, ils seraient sans doute surpris. Je sais que 99,9 % des personnes qu’on arrête sont de bonnes personnes, souligne le policier. «Si, par mon approche humaine, j’arrive à changer la vie d’une personne sur 10, je peux dire mission accomplie», soutient le patrouilleur qui dit avoir reçu plusieurs remerciements de la part de suspects.

De L’Étoile reconnu coupable

Lorsqu’il a comparu à la Cour du Québec pour tentative de double meurtre envers les deux policiers, Robert de L’Étoile a été reconnu coupable par le juge Gaston Paul Langevin de la Cour du Québec. Il connaîtra sa sentence cette semaine, soit le 13 juillet au palais de Justice de Maniwaki. C

L’autopatrouille des agents Bernier et Laplante a été réduite à un tas de ferrailles après l’accident .
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Murielle Yockell , Journaliste-pigiste

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