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30 juin 2017

Bulletins de fin de session

Frédéric Bérard

chronique juridique

La session parlementaire à Québec venant tout juste de s’achever, il convient de remettre aux partis les traditionnels bulletins de fin d’année.

Celle-ci, avouons-le, a principalement été marquée par les discussions quant à la potentielle convergence Parti Québécois-Québec Solidaire. On connait maintenant le résultat. Jean-François Lisée, lequel avait fait de celle-ci l’un de ses principaux chevaux de bataille, en sort pour le moins amoché.

Non seulement le rejet d’une telle alliance par les militants de QS vient mettre à risque son parti dans quelques circonscriptions – notamment celle de Rosemont, la sienne – mais, pire encore, la visibilité ainsi accordée au petit parti de gauche a permis à celui-ci de faire un bond considérable dans les sondages, obtenant actuellement 18% des intentions de vote.

Seulement quatre petits points séparent maintenant QS du PQ; dans la région du Grand Montréal, les deux formations sont maintenant à égalité. Qui aurait cru la chose possible il y a quelques mois à peine?

Une surprise venant rarement seule, la Coalition Avenir Québec aura réussi à s’implanter, de plus en plus solidement, comme étant la seule alternative au gouvernement actuel.

Plus centrée et concentrée, l’équipe de François Legault aura réussi à marquer des points importants au cours de la dernière session. Finies, les sorties intempestives et à l’emporte-pièce sur les questions identitaires – pensons aux «affaires» du burkini et du test des valeurs – qui finissaient invariablement en queue de poisson.

Faisant maintenant de l’économie et du contrôle des finances publiques sa priorité première, la CAQ en vient ainsi plus aisément à marteler ses messages. À un point où les libéraux doivent assurément regarder, de temps à autres, dans le rétroviseur: seulement cinq points les séparent de la formation caquiste.

Cela dit, il n’y pas encore péril en la demeure pour le gouvernement Couillard, loin s’en faut. Essentiellement pour deux facteurs.

D’abord, parce que sa performance économique et fiscale est, on doit bien l’avouer, particulièrement intéressante. Un taux de chômage à un niveau record, soit 6%, jumelé à trois budgets équilibrés consécutifs. Longtemps qu’on avait vu chose semblable. Difficile ainsi pour la Coalition Avenir Québec de s’autoproclamer champions des questions économiques et budgétaires quand le gouvernement en place présente de tels résultats.

Deuxièmement, les surplus actuellement disponibles, lesquels s’élèveraient à plus de 4,5 milliards de dollars. Du gros fric, comme dirait l’autre. Fric qui servira inévitablement, et c’est déjà commencé, à être réinvesti ici et là dans divers secteurs névralgiques, notamment la santé et l’éducation. Le bon vieux classique du réinvestissement pré-électoral, formule éprouvée s’il en est une. Fonctionnera-t-elle à nouveau? Tout porte à croire que oui, la mémoire étant une faculté qui oublie (particulièrement celle de l’électorat).

Compte tenu de ce qui précède, les notes, maintenant:

Québec Solidaire: A-

Libéraux: B+

Coalition Avenir Québec: B

Parti Québécois: C-

Évidemment, tout n’est pas perdu pour la formation de Jean-François Lisée, plus de 15 mois devront s’écouler avant le prochain scrutin. Une éternité, en politique. Sauf qu’il faudra néanmoins palier aux plus grands lacunes – par exemple les légendaires changement de cap de Lisée-de toute urgence. Un «wake up call», disent les Anglais…

Québec Solidaire: A-

Libéraux: B+

Coalition Avenir Québec: B

Parti Québécois: C-

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Frédéric Bérard