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27 juin 2017

Économie

Akitig Inc. quitte Mont-Laurier pour St-Jérôme

L’entrepreneur Patrick Lemieux a déménagé les activités de son entreprise Akitig Inc (production de champignons) de Mont-Laurier vers St-Jérôme.

Simon Dominé , Rédacteur en chef

L’entreprise Akitig Inc., qui prévoit révolutionner la production de champignons shiitake, a déménagé ses activités de Mont-Laurier vers St-Jérôme. Sur cette photo de novembre 2016, on aperçoit l’entrepreneur en compagnie du maire de Mont-Laurier, Michel Adrien (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).
L’entreprise Akitig Inc., qui prévoit révolutionner la production de champignons shiitake, a déménagé ses activités de Mont-Laurier vers St-Jérôme. Sur cette photo de novembre 2016, on aperçoit l’entrepreneur en compagnie du maire de Mont-Laurier, Michel Adrien (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Installée au 517 rue Panet, dans les anciens locaux d’Atelier d’Usinage Mont-Laurier, l’entreprise se proposait d’automatiser la production de champignons shiitake sur billots de bois grâce à une invention de M. Lemieux. En novembre 2016, l’entrepreneur avait annoncé qu’un investisseur montréalais avait injecté 90 000$ dans l’entreprise pour accroître la capacité de production et développer de nouveaux marchés.

L’ambition de M. Lemieux est de faire d’Akitig Inc. la référence mondiale de champignon shiitake biologique. Il escomptait produire 1 200 000 billots annuellement d’ici 2022.

De Lac-des-Îles à Mont-Laurier

En octobre 2015, M. Lemieux avait jeté son dévolu sur l’ancienne usine de Sogefor ltée, à St-Aimé-du-Lac-des-Îles, mais n’avait pas réussi à s’entendre avec des investisseurs locaux. Il avait annoncé que 11 emplois seraient créés en 2016 et que se chiffre passerait à 38 en 2017. L’objectif était d’avoir 70 employés en 2019. En novembre 2016, quatre emplois seulement étaient pourtant rattachés à Akitig.

Lorsque M. Lemieux avait annoncé en 2016 que son entreprise prendrait le chemin de Mont-Laurier, le maire de St-Aimé-du-Lac-des-Îles avait rappelé que M. Lemieux était demeuré un «fantôme» dont il n’avait jamais reçu de nouvelles.

La Ville de Mont-Laurier avait agi promptement pour autoriser la reconversion du bâtiment qui abritait auparavant Atelier d’Usinage Mont-Laurier, afin d’accueillir M. Lemieux. Mais ce dernier avait déjà prévenu qu’il faudrait «trouver autre chose» voire «bâtir plus grand».

Patrick Lemieux donne les raisons de son départ

Le 22 juin dernier, M. Lemieux a donné les raisons de son départ pour St-Jérôme: «Pour l’établissement de notre première usine, nous avons reçu seulement 5% du coût du projet en investissement provenant des institutions régionales, contre 75% en capital action par les investisseurs privés d’Akitig provenant en majorité de Montréal et de Gatineau. Étant donné notre grande distance de ces centres urbains et le manque de volonté du Centre local de développement (CLD) et des élus de la région, nous n’avons pas été capable d’amasser assez de fonds pour continuer à développer Akitig à Mont-Laurier, nous avons donc été dans l’obligation de déménager à St-Jérôme. Nous regardons cependant la possibilité de continuer notre approvisionnement en bois dans la région des Hautes-Laurentides pour ensuite faire la culture, la vente et la transformation des champignons shiitake biologiques à St-Jérôme».

Michel Adrien «comprend mal» le départ d’Akitig

Le maire de Mont-Laurier et président du CLD d’Antoine-Labelle, Michel Adrien, «comprend mal pourquoi» M. Lemieux est parti. «On a fait tout ce qu’il fallait pour essayer d’assurer la viabilité de cette entreprise, a-t-il clamé. La Ville de Mont-Laurier a fait des efforts particuliers. On a changé la vocation de la bâtisse pour accommoder M. Lemieux.» Le maire Adrien a également rappelé que M. Lemieux avait «bougé beaucoup»: Ferme-Neuve, St-Aimé-du-Lac-des-Îles, Mont-Laurier et maintenant St-Jérôme. Interpelée à ce sujet, le directeur général du CLD, Frédéric Houle, a rajouté l’Outaouais à la liste.

M. Houle ne s’est d’ailleurs pas montré «surpris» lorsqu’il a appris le départ de M. Lemieux pour St-Jérôme. «Il m’a habitué au fait qu’il déménageait régulièrement, a souligné le directeur général du CLD. Ça m’allume des lumières jaunes dans ce temps-là.»

«Il y avait quelque chose à faire avec ça»

Tenu par la confidentialité, M. Houle a refusé de confirmer si M. Lemieux avait bénéficié d’une aide financière de la part de son organisme. On se souviendra cependant que l’entrepreneur avait obtenu 10 000$ grâce au Fonds Prêt d’honneur. En outre, M. Houle rappelle que l’équipe du CLD a passé une cinquantaine d’heures sur le projet. «On trouvait que le filon était porteur, on trouvait que l’idée était bonne, qu’il y avait quelque chose à faire avec ça, a-t-il mentionné. (…) régulièrement, on rencontrait l’entrepreneur, on évaluait où il en était. C’était vraiment un travail rapproché.»

Pour M. Houle, les «belles promesses» faites à plusieurs reprises par M. Lemieux «étaient clairement des vraies nouvelles intéressantes et porteuses d’avenir», mais il constate que finalement «elle n’a pas été livrée toute cette histoire-là». Qualifiant M. Lemieux d’«inventeur fantastique» d’une «machine fabuleuse», capable de faire «une belle mise en marché», M. Houle pense en revanche «qu’il avait de la difficulté à faire confiance aux gens».

Bon vent

Le directeur général du CLD termine sur cette note: «Certain entrepreneurs peuvent ne pas apprécier nos conseils ou le niveau de support que nous leur offrons, mais nous agissons avec la même rigueur auprès de chaque entrepreneur car il n’y a pas projet trop petit, trop gros, trop compliqué ou trop risqué. Bien que nous souhaitions que toutes nos interventions mènent à de grand succès, il arrive que tout ne va pas comme on l’aurait souhaité. Je souhaite à Akitig de s’épanouir et de devenir le leader de son domaine».

«Étant donné notre grande distance de ces centres urbains et le manque de volonté du Centre local de développement (CLD) et des élus de la région, nous n’avons pas été capable d’amasser assez de fonds pour continuer à développer Akitig à Mont-Laurier» – Patrick Lemieux

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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